Une histoire de guitare

Au cœur de l’hiver, j’entame mon projet de médiation culturelle Au pays du grand ciel, pour lequel je suis accueillie comme artiste en résidence par le Théâtre de la Ville à Longueuil. J’ai découvert leurs studios en 1996 lors du tournage de mon film Petites histoires à se mettre en bouche.

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Adam et Ève © Alain Comtois et Monique Roy

Ce film est une réflexion joyeuse et empreinte de sensualité sur notre capacité, en cette fin de siècle, de jouir des mille et un plaisirs, ceux de la bouche en particulier. Ce film nous invite à mordre à belle dents dans la pomme, comme Adam et Ève (Estelle Esse et Pierre Benoit), ou dans la vie. Les savoureux propos des épicuriens Benoît  Fradette ( boulanger) et Robert Beauchemin (meunier) (à la recherche du pain artisanal idéal) Louise Décarie  et Jean Garon ( les petites douceurs), Miriana Djogo ( les saveurs et délices de Sarajevo), Jean-Claude Vigor (horticulteur et chroniqueur), Lynda Simard (des plateaux festifs pour des gens en institutions) . Paul Forest ( des jardins collectifs en Gaspésie), Willy Pasini (auteur psychiatre et sexologue) nous incitent à réfléchir aux choses simples, bien faites, et aux plaisirs de la bouche, du partage et de la convivialité.

Quelque 20 ans plus tard, ces mêmes studios abriteront notre premier atelier avec Nigel Osborne. Pour cet atelier, Nigel m’informe qu’il a besoin d’une guitare. Je pense immédiatement à ma complice de toujours, Nicole Giguère, et à Jean-Yves et Vyviann, autrement dire ALCAZ : «un duo marseillais comme il n’y en a pas deux! Ces artistes talentueux et sympathiques, amoureux du Québec, nous reviennent depuis 10 ans avec leurs chansons tendres et rebelles, leur poésie et leur humour. Pour célébrer le 10e anniversaire de leur présence chez-nous, ils nous offrent un clip (réalisé par Nicole) qui nous donne le goût de Reprendre la route avec eux!

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ALCAZ – Petite-Vallée © Nicole Giguère

En fait, Nicole est toujours là à dire «présente», et cela contre vents et marées. À preuve, cette photo à Dieppe durant le tournage de Dans un océan d’images...

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Tournage à Dieppe – Nicole © Helen Doyle

Nous avons connu Jean-Yves Liévaux alors que Nicole et moi coréalisions notre premier film en 16mm, C’est pas le pays des Merveilles.

 

C'est pas le pays

Tournage- C’est pas le pays des merveilles© Jean Fiset Alain Dupras, Helen Doyle, Françoise Dugré, Nicole Giguère

 

C’est dans les studios d’enregistrement de musique à Québec, alors que nous travaillions avec le compositeur René Dupéré et l’ingénieur du son Jacques Montigny que nous avons croisé Jean-Yves. Lui venait enregistrer ses «tounes» punks-rocks et nous nous retrouvions à la fin de la soirée au célèbre Shoeclack déchaîné, à danser toute la nuit sur des airs de Marianne Faithfull et de David Bowie. Comme tous ces jeunes musiciens, Jean-Yves avait aussi son clip.

Il faut dire que dans notre tandem, Nicole est la championne toutes catégories du son et de la musique, à partir de son splendide On fait toute du Show Business, en passant par une liste impressionnante et étonnante de documentaires allant de Félix Leclerc à Diane Dufresne et son tout récent Renée Martel sans oublier son court Histoire Infâme avec Louise Portal et le clip Je voudrais voir la mer interprété par Sylvie Tremblay, coauteur de la chanson avec Michel Rivard.

Malheureusement, toutes les réalisations de Nicole ne sont pas disponibles en ce moment, mais elle y travaille, tout comme moi! Nous tentons de sauver une partie de notre patrimoine et ce n’est pas évident. C’est aussi une histoire à suivre!

Mais revenons à cette guitare. Donc, Nicole m’annonce que la guitare de Jean-Yves est restée au Québec car en réparation. Où croyez-vous qu’elle l’a laissée?… À Longueuil! Merci à Jean-Yves pour ce prêt; de ma part, de celle de Nigel et de toute note belle nichée d’oies sauvages.

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About tatoumemo

Scénariste et réalisatrice de films documentaires, Helen Doyle vit au Québec, mais ses sujets l'amènent en divers lieux du monde. Avec son complice Germain Bonneau - qui collabore d'ailleurs à ce blog - elle produit certains de ses films à travers les Productions Tatouages de la mémoire A l’hiver 2011, Helen Doyle recoit, du CALQ, la bourse de résidence d’artiste à Rome, où elle travaille sur son projet : Appunti sur Pasolini, poète civil. En novembre 2012, elle termine, après un an de travail intense, son film "Dans un océan d'images, j'ai vu les tumultes du monde", qui s'est mérité troix prix Gémeaux et une Étoile* de la SCAM. Un coffret réunissant plusieurs de ses œuvres accompagné d'une monographie sur son travail, édité par Vidéo femmes/Spira et les Éditions du Remue-ménage, est maintenant disponible sous le titre "Helen Doyle, cinéaste : La liberté de voir". En 2018, Helen reçoit le prix "Barbara H. Greene" reconnaissant une documentariste émérite. Helen travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire intitulé "Au lendemain de l'odyssée", qu'elle produit et réalise, avec l'appui de la SODEC, de Téléfilm Canada et des conseils des arts du Québec et du Canada.
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1 Response to Une histoire de guitare

  1. Avatar de Carmelle Lecompte Carmelle Lecompte dit :

    J’aime te lire Helen et revire l’Histoire … Et … à quelque part … mon Histoire …
    Merci xx

    J’aime

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