De belles rencontres… tout en musique

Notre belle amie Daniela Fiorentino nous a invité·e·s à son récital napolitain à la sympathique Maison de la culture Villebon à Beloeil. Elle proposait un tour de chant tout en passion avec cette énergie ensoleillée que nous lui connaissons, nous amenant dans le sud de l’Italie et dans sa ville de Naples. Ce moment lorsqu’elle parle de cette chanson écrite pour son papa était particulièrement touchant, lui dont le rêve était de chanter et qui a fini banquier… Il lui aura tout de même transmis sa passion. Le public se laisse séduite et entrainer dans ses chansons et se joint à elle avec enthousiasme pour Bela ciao! et d’autres grandes chansons, jusqu’au Non, je ne regrette rien d’Édith Piaf! Daniela était accompagné au piano et à l’accordéon par Alex McNally…

Ce grand moment a ravivé de très beaux souvenirs, entre autres ce moment émouvant, lors de l’avant-première d’Au lendemain de l’odyssée, avec cette surprise que nous avions concoctée : Daniela chantant une chanson du folklore sicilien, Si maritau Rosa – qu’elle interprète dans le film – qu’elle enveloppe de beaucoup d’humour.

Nous avons traversé bien des obstacles et des embûches – la pandémie n’étant pas la moindre – durant la réalisation de notre documentaire Au lendemain de l’odyssée. Nous avons aussi vécu des histoires étonnantes. En voici une…

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Nous avons traversé bien des obstacles et des embûches – la pandémie n’étant pas la moindre – durant la réalisation de notre documentaire Au lendemain de l’odyssée. Nous avons aussi vécu des histoires étonnantes. En voici une…

Lors d’une rencontre avec la conceptrice sonore Catherine Van Der Dock et la compositrice Katia Makdissi-Warren, nous nous sommes dit que ce serait chouette de trouver une chanteuse italienne. Sur le moment, nous avions quelques vagues idées ; puis on s’est quittées en se disant qu’on trouvera bien…

Dès le lendemain, Katia, tout émerveillée, nous raconte qu’une chanteuse napolitaine vient de la contacter pour une émission de radio car elle s’intéresse à son ensemble, OktoEcho. Elle nous communique quelques liens et immédiatement, c’est le coup de foudre pour cette jeune femme, Daniela Fiorentino. Katia lui soumet l’idée de travailler avec nous sur un sujet délicat, Au lendemain de l’odyssée.

La réponse est aussi immédiate que positive et nous nous sommes bientôt retrouvés au studio Planète avec l’ingénieur Jacob Lacroix-Cardinal et les musiciens complices de Daniela : à la guitare Sari Dajani et à l’accordéon Luzio Altobelli, sous la direction attentive de Katia.

Puis, Daniela nous a accompagnés lors de notre avant-première à la Cinémathèque québécoise en janvier dernier; et aussi lors de la première quelques semaines plus tard au Cinéma du Musée, animée par Marina Orsini. Nous en avons été ravis.

En plus de sa carrière de chanteuse et de comédienne, Daniela anime une émission à la radio AM sur CFMB-1280 à Montréal. À suivre Daniela nous concocte la sortie d’un nouvel album pour 2025

Au sujet de Katia, cette «Musicienne du monde», cet article : https://www.lechodemaskinonge.com/culture/musicienne-du-monde-citoyenne-de-saint-paulin/

Voilà où mènent les chemins de la création!

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Prix du meilleur documentaire en Italie

Annonce du prix par la directrice, 26 octobre 2024

Nous avons reçu le Prix Miglior documentario au Festival de cinema di Castel Volturno, ce qui nous touche particulièrement.

Voici mon texte de remerciements…

Buona sera a tutte e a tutti

Mi sento estremamente commossa e mi piacerebbe tanto stare con voi tutti.

Ma già, di sapere che il mio film viene presentato a Castel Volturno in un festival stimato mi rende felice.

Grazie al Festival !

Quando penso a Castel Volturno, a questo luogo dove ho conosciuto donne straodinarie, coraggiose, generose, piene di risorse, di grande talento e così creative, questi momenti ricchi di scambi sono stampati nel mio film, ma innanzitutto nel mio cuore e nella mia vita… come un tatuaggio della memoria…

Vi abbraccio molto forte e vi auguro una bella proiezione.

Helen Doyle regista

Bonne soirée à toutes et à tous!

Je suis extrêmement émue et je souhaiterais tant être parmi  vous. 

Déjà de savoir que mon film passe à Castel Volturno et dans un festival estimé, je suis ravie. 

Merci au festival!

Lorsque je pense Castel Volturno, à ce lieu où j’ai connu des femmes extraordinaires, courageuses, généreuses, ingénieuse, talentueuses et créatives, ces moments riches d’échanges sont imprimés dans mon film, mais aussi dans mon cœur et dans ma vie… comme un tatouage de la mémoire . 

Je vous embrasse et je vous souhaite un bon visionnement…

Discussion après la projection avec les femmes de Action Women, dont Paola Russo et Barbara Anunziata. https://www.facebook.com/progettoactionwomen
Plaque officielle du prix du meilleur documentaire, 26 octobre 2024

On a eu la gentillesse de m’envoyer ce que j’appellerais le storyboard du déroulement, et de la projection du 25, et de la cérémonie de remises des prix du 26… Grazie a Paola et aux femmes d’Action Women; à chaque photogramme reçu, c’était l’émotion et le sentiment d’être là malgré l’océan qui nous sépare…

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Une histoire dans le temps… Complexité d’un coup de cœur 

Durant cette longue pandémie, toujours dans l’espoir de poursuivre nos tournages amorcés en 2019, la musique fut l’un de mes refuges.

Sur le Web, une chanson en hommage à la regrettée Lhasa de Sela attire mon attention : Patrick Watson chante un air sur une place en Italie du folklore italien des Abruzzes.

De fil en aiguille, je découvre de multiples versions de cette chanson qui date des années 1900. Elle a aussi été recensée par la célèbre ethnologue et musicologue Giovanna Marini, l’une des fondatrices de La Scuola Popolare di Musica di Testaccio à Rome.

La voix de l’Italie populaire

La voix de l’engagement

Je me permets ici d’ouvrir cette parenthèse… J’ai eu le grand plaisir de rencontrer madame Marini à plusieurs reprises lors de ma recherche Sur les traces de Pasolini en 2011. Mais ce n’est que des années plus tard, de retour de Castel Volturno pour Au lendemain de l’odyssée, que nous pouvons nous permettre un petit détour pour la saluer et tourner une courte entrevue avec elle. Voilà donc, des années plus tard, un témoignage qui s’ajoutera à ceux de mes autres Pasoliniennes. Mais en attendant que j’extrait son témoignage de mon disque dur, il faut voir ce film sur cette femme extraordinaire, engagée et inspirante : La voix des invisibles.

Giovanna Marini. Photo Helen Doyle © 2022

Philippe Lavalette filmant Giovanna. Helen Doyle © 2022

Plus tard, arrivée au montage de Au lendemain de l’odyssée, je partage la découverte de cet air de folklore mais aussi un autre découverte celle d’une chanteuse marseillaise, Lise Massal. En effet, toujours pendant le premier confinement en mars et avril 2020, Lise a enregistré a capella ce qu’elle a appelé ses Chants du confinement, qu’elle diffuse sous forme de rendez-vous quotidiens sur Facebook.

Nous tombons toutes deux sous le charme de cette chanteuse et de cet air. Annie Jean, tout aussi attachée à l’Italie que moi. Nous partageons notre passion et nos intérêts pour ce pays de paradoxes. Il nous vient l’idée d’écrire à notre tour de nouvelles paroles adaptées à notre documentaire.

Annie nous propose de contacter le poète italien Pier Mario Giovannone, qu’elle avait rencontré pendant le montage d’un documentaire de Jean-Claude Coulbois sur le grand Jean-Louis Millet.

Annie, comme toutes nos belles dentellières du cinéma documentaire, a le don de proposer et de partager de belles pistes. Des coups de cœur se transforment ainsi en une aventure formidable entre Marseille, Gênes et le Québec.

Ce fut un peu complexe; Germain s’est mis à l’œuvre, fait des ententes et orchestré à distance cette partie de l’aventure… qui se terminera en beauté.

Rapidement, nous recevons un poème de Pier Mario qu’on partage immédiatement avec Lise Massal – dont nous n’avions pas oublié la merveilleuse interprétation. Elle trouve un studio d’enregistrement à Marseille pour y enregistrer, toujours a capella, la chanson Isoke. Dans le montage final, nous n’utiliserons qu’une partie seulement de la chanson.

Mais pourquoi ce titre – qui est en fait le prénom d’une remarquable Nigériane? Voilà un autre beau morceau de l’histoire, qui fera l’objet d’un autre article… depuis décembre dernier, un peu pour clore notre travail et parce que nous avons eu ce gros coup de cœur, Annie et moi avons conçu, à partir des images du film, un montage sur ce poème musical.

 ISOKE Poème musical / Poesia musicale

Chanson composée pour le film Au lendemain de l’odyssée de Helen Doyle

Canzone scritta per il film All’indomani dell’odissea di Helen Doyle

Paroles / Parole : Pier Mario Giovannone

Sur une musique traditionnelle des Abruzzes

Arrangement / Arrangiamento : Lise Massal

Interprétation / Interpretazione : Lise Massal

Que soient remercié·e·s pour leur aimable contribution et pour leur complicité…

Ringraziamenti per il loro gentile contributo e per la loro complicità…

Stephanie | Philippe Lavalette | Olivier Léger | Tahnee Drago

(Îles des Cyclopes / Arcipelago dei Ciclopi – Catania)

Marie- Bluteau (Bluto) | Marcel Gagnon – Le grand rassemblement |  Farzin Farzaneh – Odyssée |

Annie Jean Montage | Laurent Pernice – Studio du Cabanon, Marseille | Francis Catalano

PRIM | Maxim Rheault | Emilie Blaise | Bruno Bélanger | Marianne Lévesque

Production / Produzzione : Helen Doyle et Germain Bonneau

Productions Tatouages de la mémoire © 2024

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Pasolini mon amour – Hommage à Letizia Batttaglia

COMME UN SÉNARIO

Extérieur, Jour. Palermo, 2016

Photo Helen Doyle © Tatouages de la mémoire

Revenir à la source de mon projet Sur les traces de Pasolini et de cette résidence d’artiste du CALQ à Monteverde (articles de 2011), après cette longue interruption.

Revenir ici même, à Palerme… J’avais en tête de reprendre le fil où ce projet pasolinien – resté en jachère – avait pris naissance.

Revenir sur mes pas me permettrait peut-être de retrouver le fil… des traces. J’avais en tête une question : que regarderait Pasolini aujourd’hui, qui sont les sans-voix, que se passe-t-il dans les périphéries de la périphérie?

J’ai revu Letizia pour lui parler de toute cette quête; parce que je savais que lorsqu’on disait le nom de Pasolini, son œil s’allumait, un sourire tendre parcourait son visage puis elle s’écriait : Pasolini je l’adorrrrrre… en roulant les r à la manière des tourterelles.

Sur un coin de rue à Palerme 2016 © Helen Doyle

Intérieur, jour, Longueuil. Août 2022

Julie Paquette, une de mes fidèles complices, chercheuse universitaire, me contacte à nouveau pour un événement, une suite au Cycle Pasolini pour les 100 ans de sa naissance.

Je lui avoue : PPP me mène toujours par le bout du nez…

Photo Julie paquette © 2015

Chère Julie,

Tu te souviens sans doute, tu m’as offert :Ali dagli Occhi Azzurri –je ne sais pas où tu avais pu obtenir cette édition – parce que je t’avais raconté mon premier contact, autour du 5 mars 2011 à Monteverde, avec un des personnages de Ragazze de Vita, Silvio Parello sur la scène du théâtre Vascello récitant Ali aux yeux d’azur.

Ali aux yeux d’azur, 

Fils parmi les fils…

(…) Ils seront

Avec lui des milliers d’hommes

(…) Ils débarqueront à Cretone ou à Palmi,

Des millions, en haillons…

Tandis que sur les plages de Cretone …hier, encore…

Au fil de ce long périple de la réalisation d’Au lendemain de l’Odyssée, voilà que pour moi, Ali est une fille, me dis-tu en riant!

C’est comme ça que Julie a résumé une partie de mon aventure cinématographique. Je relis ce passage de ses écrits :

« Ce n’est pas avec Salò que s’achève l’œuvre de Pasolini, même si plusieurs sont tentés d’y lire son testament. (…) Plutôt, il faut imaginer une caméra laissée à la fin de Téo-Kolossal, qui tourne un infini plan-séquence en direction du bassin méditerranéen. Pasolini détourne notre regard vers l’Orient-Afrique comme potentialité. Son œuvre rappelle à notre mémoire qu’accueillir l’autre bouleverse et détruit quelque chose en nous. Et si cette destruction avait aussi quelque chose de souhaitable? »

Flash-Back – Printemps 2018

Centre de la photographie Palerme

Alors je suis retournée dans ma boîte à souvenirs, en forme de disque dur, pour retrouver ce tournage improvisé avec Letizia que nous avions réalisé, Philippe Lavalette à la caméra et moi. En plein repérage, nous étions passés au Centre de la photographie pour lui donner des nouvelles de nos avancées pour Au lendemain de l’Odyssée

Photos Helen Doyle © Tatouages de la mémoire

« Si on parlait de Pasolini ? », lui ai-je dit. Elle s’assied et pendant 15 minutes, d’une seule traite, elle parle; elle parle de son amour pour Pasolini et de sa rencontre avec lui au début des années 1970… Puis, soudain, elle nous dit « Ça va, tu as assez! »… Ce n’était pas une question, mais voilà, Basta! Elle a terminé et doit retourner travailler à la prochaine exposition.

À distance, j’ai fait un premier montage avec Tahnee Drago, notre ingénieuse et généreuse assistante à Catane. (Tahnee fait partie de cette génération talentueuse touche-à-tout). Sans moyen et à court de temps, ce premier montage était encore un peu brut. Je livre tout de même cette ébauche à Julie pour son événement Riprese Reprises Retakes. En fait nous avons presque tout conservé du 15 minutes de l’entretien … à peine quelques coupes.

Depuis, petit à petit, grâce à l’aide de l’un et de l’autre, en ajoutant quelques archives et avec la complicité du centre d’archives Archivio Battaglia – géré par son neveu – j’ai peaufine le montage chez Prim, avec d’autres complices, de ce moment intime partagé avec cette grande dame, et qui est devenu Pasolini mon amour – Hommage à Letizia Battaglia.

Gli invicibile Pasolini © ARCHIVIO Letizia Battaglia

Un court métrage de Helen Doyle

Bien que les images soient en mouvement, c’est un arrêt sur image. Un retour dans le temps. Une photographie de Letizia, de son désir qu’on se souvienne de Pier Paolo Pasolini… et moi d’Elle, La Battaglia.

Noir & blanc, couleur
Durée : 12 minutes
Réalisation et montage : Helen Doyle

Production Tatouages de la mémoire © 2024

Agnès Varda Alfredo Jaar Bertrand Carrière C'est pas le pays des merveilles Chicoutimi Cinémathèque québécoise Cycle Pasolini Cécilia Mangini Danielle-Marie Chanut Dans un océan d'images j'ai vu le tumulte du monde Edgar Bori Ernest Pignon-Ernest Germain Bonneau Gian Vittorio Baldi Jackie Buet Julie Paquette L'artiste dans son for intérieur Lana Slezic Le Rendez-vous de Sarajevo Le Rêve de voler Les Messagers Letizia Battaglia Louis Jammes Luce Guilbault Luciana Capitolo Michel Tremblay Nadia Benchallal Nathalie Barton Nicole Giguère Nigel Osborne Palerme Paris Pasolini Philip Blenkinsop Philippe Lavalette Pier Paolo Pasolini Pierre-Paul Savoie Rapporteurs d'images Roberto Chiesi Sarah Caron Soupirs d'âme Stanley Greene Séra Ing Phousera Vidéo Femmes Zoom Photo Festival Saguenay

Gli invicibile Pasolini

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Flash-back : mon passage à Palermo, 2016-2017

En ce 5 mars, comment ne pas souligner encore cette année l’anniversaire de Pier Paolo Pasolini et de ma très chère et regrettée Letizia Battaglia? Peut-être en vous faisant part de ce flash-back de mon passage à Palermo, 2016-2017.

En attendant de rendre public mon court-métrage à peine terminé :

Pasolini mon amour – Hommage à Letizia Battaglia

On me demande souvent comment mon projet de film Au lendemain de l’odyssée a pris naissance.

J’arrive à Palerme… À chaque fois je suis surprise par la présence de la mer et de se promontoires. La plupart du temps, les paysages autour des aéroports sont désolants; pas ici, à l’aéroport Falcone Borsellino. Évoquer ces noms c’est évoquer une période de terreur… une période en lien avec ma rencontre avec l’une des célèbres citoyennes de Palerme, Letizia Battaglia, la « photographe de l’antimafia ».

Letizia Battaglia, Toulouse, septembre 2016. Photo Helen Doyle © 2016

Je venais la saluer dans cette ville qu’elle m’a appris à aimer, sans doute parce qu’elle et ses proches y vivent. Et qu’au fil du temps, nous avions tissé des liens. Il en va souvent ainsi de nos voyages qui nous ramènent dans une ville, ce fil affectif…

J’arrivais de Rome où je venais de voir sa grande et impressionnante rétrospective, Per Pura Passion au Maxxi.

Notre toute première rencontre remonte à 1999 à Perpignan pour le grand événement consacré au photojournalisme Visa pour l’image. Ce n’est qu’une décennie plus tard que j’ai réussi à l’inviter à recueillir son témoignage – et quel témoignage! – à mon long métrage documentaire Dans un océan d’image, j’ai vu le tumulte du monde, sorti en 2014. Comme quoi en documentaire des gens, des faits, des images nous habitent et s’associent dans le temps ou rejoignent nos quêtes. J’ai souvent écrit dans ce blogue sur ce monument d’humanité.

Helen Doyle (debout à gauche), Nathalie Moliavko-Visotzki (assise), Giovanni Sollima au violoncelle

La poesia e la ravina – Poeti al Garraffello. 2018.

Image fournie par Patrizia Stagnita, fille de Letizia.

En novembre 2017, Letizia fonde et dirige le Centre international de la photographie de Palerme. À sa disparition en avril 2022. Le CCIPP prendra son nom.

Sa toute première exposition : Io sono persona

Photo © Helen Doyle

Retour dans le temps

Je remarque depuis des années en Europe la présence de garçons de plus en plus jeunes… et dont j’observe la solitude. Et je découvre l’arrivée massive de mineurs non accompagnés.

Et c’est à ce moment qu’on me dirige vers l’École des langues de Palerme qui travaille concrètement avec ces jeunes garçons sur un projet nommé Chi arriva. Chi accoglie. Odisseo arriving Alone. Je suis complétement éblouie par ce travail qui implique toute la communauté et une vision englobante.

Mais bientôt, mon passé chez Vidéo Femmes m’amène naturellement à me demander : «Où sont les filles?»

La réponse me bouleverse… et je sais que je ne pourrai échapper à ce que je vais découvrir….

En 2021 – des observations alarmantes.

« Plus de 10 000 jeunes ont atteint l’Italie sur des embarcations de fortune en un an. Un rapport du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’inquiète de « l’absence de programmes et de services de protection » à destination de ce public vulnérable.

« Ils sont exactement 13 023 jeunes migrants de moins de 18 ans, la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest, du Nord et subsaharienne, à avoir atteint les côtes de l’Italie après une traversée par la mer, sur toute l’année 2021. La grande majorité d’entre eux, soit 10 053, étaient des mineurs non accompagnés. » [1]


[1] Info Migrants. Publié le 06/05/2022

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Ulysse et l’archipel des Cyclopes

Voici une petite histoire en rapport avec l’affiche de notre nouveau film, Au lendemain de l’odyssée. Elle a été créée par Karine Savard à notre demande et à celle de notre distributeur Spira. Après avoir raconté spontanément mes souvenirs de mes premiers repérages en Sicile, Karine s’est inspirée d’une des premières images du film.

Lancement de au Lendemain de L’odysée. Photo Adil Boukind © Tatouages de la mémoire 2024

Je venais de débarquer à Catane et après avoir mentionné le titre de mon projet, au mot Odyssée, on a alors fait référence au récit d’Homère et à son célèbre héros grec Ulysse. On me suggéra ensuite d’explorer un archipel situé à quelques kilomètres de Catane : les îles des Cyclopes. Je suis tombée immédiatement sous le charme de ce lieu.

Photo : Helen Doyle © 2019Photo : Helen Doyle © 2019

C’est à ce moment que grâce à l’association Pénélope, j’ai fait la rencontre de Stephanie, qui deviendra l’une des « héroïnes » du film.

Je lui raconte comment le valeureux Ulysse, souhaitant libérer ses compagnons de l‘ogre prêt à les dévorer, fit boire le Cyclope et, profitant de son sommeil, lui creva son unique œil et libéra ainsi ses compagnons. Le Cyclope lança ses congénères à la recherche de son assaillant. « Comment se nomme celui que nous devons chercher ? » lui demandèrent-il. « Personne » leur répondit le géant. Ulysse, clairvoyant, avait eu la présence d’esprit de se présenter en lui disant qu’il se nommait Personne.

Ce chapitre de l’histoire d’Ulysse et de sa rencontre avec le Cyclope s’est associé à l’épisode des téléphones qui servent aux trafiquants pour retracer les jeunes filles fraîchement débarquées et les soumettre à la traite.
Stephanie me racontera qu’on lui a sérieusement recommandé de ne plus utiliser son téléphone, le seul lien qui lui reste avec ses proches. Un choix déchirant… (Quand on connaît notre propre dépendance à nos téléphones, on peut imaginer l’impression de n’être personne si on l’abandonne.) Ainsi, pour échapper aux trafiquants, Stephanie fait preuve de la même astuce qu’Ulysse face au géant.

L’histoire d’Ulysse la ravit. Et lorsque je lui propose de prendre place dans une barque comme une figure de proue et de tourner sur la mer à travers les îles des Cyclopes, elle me fait un grand sourire. Je reconnais sa bravoure sachant ce que veut dire pour ceux et celles qui ont fait cette éprouvante et insensée traversée de la Mare Nostrum, dont plusieurs ne reviennent pas…

Je lui demande de se draper dans une couverture de survie. Elle n’a pas eu à mettre cette couverture, me précise-t-elle, mais on voit tant de photographies de personnes sauvées en mer qui en portent… Et au moment de s’en recouvrir, je sens qu’elle endosse le récit de la traversée de ses compagnes et compagnons de mer.

Lorsque nous sommes dans la barque et que le vent s’engouffre dans cette couverture dorée, j’ai l’impression d’un personnage ailé, évoquant ce papillon dont on dit qu’un battement d’aile peut changer le monde.

Stéphanie pourrait en quelque sorte représenter l’archétype de toutes ces jeunes migrantes, ce dont elle était consciente.

En tournant ces images, je ne pouvais soupçonner que l’une d’elles deviendrait l’affiche du film. Mais j’avais l’intuition que ça pourrait être les premières images du film.

C’est d’ailleurs sur ces premières images que nous avons intégré la chanson Isoke. Ce poème musical fera l’objet d’un prochain blogue…

Philippe, Stephanie, Helen – Catane © Tahnee Drago 2019

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Nicole Stéphane : une femme intègre et remarquable

Satané virus qui oblige à l’annulation de plusieurs beaux festivals de films, dont le Festival International de films de Femmes de Créteil, où je devais me rendre.

Je tenais absolument à être présente pour participer au magnifique hommage consacré à Nicole Stéphane, cette grande dame du cinéma français.

Jackie Buet, la directrice, avait fait de petits miracles une fois de plus et avait réussi à programmer plusieurs films, non seulement ceux où Nicole était comédienne, mais aussi dont elle a été réalisatrice ou productrice, parfois les deux ! Jackie m’a fait l’honneur de programmer mon documentaire Les messagers, Rencontre avec des artistes engagés s’opposant, par différents moyens d’expression, à la barbarie de notre époque.

Nicole y apparaît, en ouverture, en compagnie de plusieurs autres créateurs : Ernest Pignon-Ernest, toujours si percutant, tout comme Dominique Blain, artiste québécoise qui récemment exposait au Centre culturel canadien ses œuvres réflectives ; les photos du regretté Stanley Greene ; la présence du compositeur écossais Nigel Osborne et son inspirante action auprès des enfants dans les guerres – Nigel, devenu depuis un fidèle collaborateur. Il y avait encore, puisqu’on parle des voix qui ne craignent pas de recevoir les fleurs et les pots, Daniel Mermet avec son Là-bas si j’y suis. Enfin, on y fait aussi la rencontre de la regrettée Susan Sontag.

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C’était au Cercle de Minuit – eh, oui nous recevions au Québec, via TV5, cette émission formidable. Michel Field interrogeait Susan Sontag sur sa présence à Sarajevo pour y monter En attendant Godot de Beckett. Elle parla de sa démarche, mais elle souligna, avec admiration et chaleur, la présence de Nicole Stéphane, venue tourner sous les bombes tout le travail avec les acteurs et le public qui se déplaçait malgré le couvre-feu, le théâtre pas chauffé et le risque d’être abattu sur le chemin pas un sniper

Je m’intéressais à la situation de la Bosnie et je me demandais comment faire un film de l’autre côté de l’océan… ce qui m’avait amenée à réaliser Le rendez-vous de Sarajevo. Mais après mon retour de la Bosnie, la question de l’engagement de l’artiste me taraudait. Je me suis alors mise à la recherche, non pas de militants, mais d’artistes engagés dégagés (l’expression est de Daniel Mermet) à l’aube de l’an 2000, inscrivant déjà, dans mon carnet de notes, les noms de Sontag et de Nicole Stéphane.

Prendre contact avec Sontag, entre New York et Paris, ne fut pas une sinécure. J’étais persuadée que c’était une de ces journalistes de plus en plus présents sur les terrains de conflits qui, comme plusieurs, s’étaient rendus en Bosnie afin de témoigner, comme tout le monde le disait, « à deux heures de vol de la France »…

Nicole Stéphane chez-elle © Helen Doyle (InformAction) 2001

Je tenais évidemment à rencontrer cette Nicole Stéphane, la réalisatrice et productrice de En attendant Godot à Sarajevo. À Paris, par je ne sais plus quel tour de passe-passe, j’ai finalement trouvé son numéro de téléphone. Sympathique et attentive, elle me prévenait par sa voix enrhumée d’une fin de bronchite et me proposa de passer à son appartement. Je ne voulais pas venir les mains vides ; j’ai donc choisi un cake aux abricots et un thé de fantaisie. Lorsqu’elle m’ouvrit la porte, je découvris à mon grand étonnement une femme d’âge mûr et, derrière elle, une immense affiche : Les enfants terribles avec son nom accolé à celui de Jean Cocteau.

Nicole-Stephane-message-a-HD

  2002, souvenir des Enfants terribles…

Sous le choc, j’eus honte de ne pas mieux connaître cette magnifique actrice, elle et son immense contribution au cinéma français. Mais quand, avec franchise, je lui fis part de mon ignorance, elle m’excusa fort gentiment… Et tout au long de notre première rencontre, elle manifesta une grande générosité et une telle humilité, celle qu’on n’attribue qu’aux plus grands…

Nicole-Stephane-chez-Gaumont_© Daniel Keryzaouën

Nicole Stéphane à la Cinémathèque française © Daniel Keryzaouën

Toujours, nos rendez-vous préparatoires au film ont été chaleureux et teintés de camaraderie. À un certain moment, le projet de film fut menacé, faute de fonds. On avait prétendu que ce concept de l’engagement était dépassé, soixante-huitard et, tout comme avait dit à Sontag ses amis new-yorkais : « Oh ! Susan, you are so old fashioned… » Elle avait des idées trop romantiques et soi-disant vieux jeu.

Moi, la murale impressionnante de Jordi Bonnet du Grand théâtre de Québec m’avait bouleversée à la fin de mon adolescence. Elle avait fait scandale avec sa phrase de Claude Péloquin « Vous êtes pas écœurés de mourir bande de caves ».

Peloqui-Bonet_Bande-de-caves

Jordi Bonet – Claude Péloquin – Grand Théâtre de Québec

Mais cette phrase était encore plus vive au retour de la Bosnie. Je me souviens aussi de cette autre de Pélo (comme on appelait Péloquin) : « Je suis le cri de l’infini à remplir… »

Je me rappelle que Nicole me rassurait et m’encourageait Elle me disait « Ce n’est pas important si je suis dans ce film ou pas ; il faut le faire Helen. Il faut se battre encore et encore ! Chaque film est un combat… » Puis il y eut les attentats du 11 septembre 2001, une claque pour nous du continent américain. Cela donnait un sens encore plus profond aux questions posées autour du mot engagement.

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Toujours la voix de Nicole continue de m’accompagner à chaque projet : « Il ne faut pas flancher, il ne faut pas lâcher ! » Elle qui a transporté son projet sur Proust durant des années et des années… Bravo à Jackie qui a d’ailleurs trouvé une perle : ce film sur Visconti, avec qui elle souhaitait faire À la recherche du temps perdu

Dans mes cartons dort un immense poster qu’elle m’a donné, celui du film Mourir à Madrid de Frédéric Rossif, produit par Nicole Stéphane en 1963…

Ma rencontre avec Nicole aura été marquante. Elle me manquera, mais elle m’animera toujours…

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«Atmosphère, atmosphère…»

Au moment de mon départ pour Paris, j’étais un peu triste de rater, à l’Espace Go, Parce que la nuit, spectacle librement inspiré de la vie et l’œuvre de Patti Smith. Je suis soulagée, il y aura des reprises à l’automne.

En arrivant à Paris, je reprends mon rituel, à commencer par un tour chez le libraire. Quelque chose me pousse à acheter Just Kids de la même Patti Smith. Ordinairement, j’aime choisir un livre qui m’indique un tracé, un détour, une aventure, une découverte de Paris à travers un roman. Et me voilà plus souvent à New York qu’à Paris !

Rue Monsieur-Le-Prince © Helen Doyle 2019

Rue Monsieur-Le-Prince © Helen Doyle 2019

Cette lecture me pousse à être attentive : retrouver des lieux aimés, passer devant de petits hôtels, lever la tête… des motifs de papiers peints défraîchis au couvre-lit chenilles aux couleurs fanées, au lavabo cerné de rouille, à l’odeur de la gitane bien imprégnée et aux ressorts du lit qui grincent… une certaine gêne et puis des fous-rires… Nostalgie quand tu nous tiens ! Et de me mettre à chanter, un peu malgré moi, «Because the night belongs to lovers».

Because The Night… © Helen Doyle 2019

La présentation de L’artiste dans son for intérieur au cinéma Les 3 Luxembourg fut pure joie, celle de retrouver ma famille élargie, les copines, et d’avoir présenté en compagnie de ma chère amie Danielle-Marie ce modeste hommage à ses œuvres… Mon court-métrage déconcerte : il y avait de ma part cette volonté de ne pas faire une image qui soit celle du documentaire, mais bien de me permettre un plongeon poétique afin de déchiffrer les arcanes, décoder les hiéroglyphes laissés par l’espiègle et pince-sans-rire artiste, qui nous fait passer des contes de fées à l’enfer de Dante. Heureuse aussi de la présence de la preneuse de son de L’atelier des chimères Graciela Barrault, qui a remarqué le travail extraordinaire du montage sonore de mon ami Benoît Dame. Merci à Benoît et à ses acolytes.

Danielle-Marie attend la projection © Helen Doyle 2019

Tout ça m’amène à m’engager dans des réflexions sur la création, avec des discussions enflammées autour de des effets de la mondialisation. Comment lutter contre une standardisation culturelle ambiante : les mêmes mots à la mode, les mêmes tendances et une peur de prendre certains risques qui ne soient pas seulement des effets des nouvelles technologies ?…

Encore merci à celles et à ceux qui m’ont accompagnée dans cette exploration ; merci à Florence Bebon et à sa petite équipe de Femmes en cinéma d’avoir programmé cet ovni.

Ah ! j’ai pu trouver du temps pour passer un moment intense avec la photographe Elena Perlino qui m’offre si gentiment son dernier album photo, Paris Goutte d’or. Je n’ai pas grand-chose à leur offrir, sauf des collaborations, des échanges… comme pour mon autre projet Au lendemain de l’odyssée, où j’aimerais tourner des séquences à partir de son autre livre, Pipeline.

Aux Récollets © Helen Doyle 2019

Pour ma dernière nuit dans mon univers monacal, la pleine lune joue à travers les lamelles qui habillent la fenêtre : jeux d’ombres et de lumières sur mon bouquet de mimosa.

Il a fait gris toute la semaine et voilà qu’au petit matin, alors que je me prépare au départ, le soleil apparaît…

Aux Récollets, matin de départ © Helen Doyle 2019

On annonce encore de la neige pour les jours de retour au Québec!

À l’arrivée, sur la table de ma cuisine, un bouquet de tulipes rouges m’attendait…

 

Quelques jours plus tard, l’annonce de la mort d’Agnes Varda vient me chavirer le cœur… Je viens de la voir, dans un entretien, avec ses bottes rouges mieux entretenues que les miennes… Je vais continuer de porter les miennes; et avec tendresse, je vais désormais les appeler mes « Agnès Varda »… C’est un compliment! Ce sera toujours un rappel que dans notre métier, il faut penser en se déplaçant beaucoup. Et souvent, il faut « penser avec ses pieds »… Voilà : il faut être bien chaussé, mais aussi avoir un petit grain de fantaisie. Comme Agnès, qui a toujours eu le don de mettre dans ses films le petit détail qui révèle tant…

Mes « Agnes Varda » © Helen Doyle 2019

 

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Le bus 38

J’ai pris le bus 38 ; pendant un instant, en passant près de la rue de la Fidélité, j’ai pensé à mon amie Louise Desbrusses ; après Berlin, la voilà installée dans le sud de la France…

Puis, rue des Petites Écuries, j’ai eu un pincement au cœur, un gros… Le sourire chaleureux de Marie-Thé, mon amie grecque, me manque. Je lui aurais demandé de m’accompagner ; et je sais que cela aurait plu à mes copines Louise et Marie-Thé, cette sortie pour la première de Femmes en Cinéma.

Arrivée dans le 5e, en descendant rue des Écoles, un autre souvenir m’envahit : celui de ma rencontre avec Caroline Laure, sa fille Maya et le chien Peyotl… Caroline qui m’avait offert l’hospitalité, comme Marie-Thé et Louise lors de mes passages à Paris avec mes films sous le bras dans ce quartier. J’ai retrouvé, il n’y a pas longtemps, le CV de réalisatrice de Caroline et des photos de tournage d’un cirque un peu ric-rac ; une même famille, peut-être des Roms ; un tournage en Italie où elle a étudié le cinéma. On me l’avait présentée car elle était aussi directrice photo et c’était rarissime à l’époque.

 

D’ailleurs moi-même, je me souviens du jour où j’ai voulu prendre la caméra et qu’on m’a dit, comme à une pauvre petite chose, que l’Éclair avec son magasin chargé serait trop lourde pour mes frêles épaules… Je me rappelle avoir répondu : « Vous avez déjà vu une mère de famille avec un enfant dans les bras, tenant la poussette d’une main, les courses dans l’autre, et l’autre enfant, un peu plus grand, accroché à ses basques ? Ils prennent le bus et tandis qu’elle cherche les tickets, le plus petit se met à ruer et à crier dans ses oreilles. Et bien cette Éclair ou cette Aaton qui se déposent comme un chat ronronnant sur l’épaule de son opérateur, elle ne crie pas, elle ne donne pas des coups de pied dans les côtes et personne ne hurle …sauf le réalisateur, la réalisatrice qui criera tout à l’heure : Moteur ! »

Caroline, j’aimerais pouvoir te dire que lors de mes recherches en Italie, j’ai fait la rencontre du cinéaste et producteur Gian Vittorio Baldi. Chez-lui, j’ai retrouvé la photo d’une femme de dos. Je t’ai reconnue à ta longue tresse qui te descendait jusqu’aux fesses… J’ai demandé à Baldi si c’était toi sur la photo. Avec son sourire de chat il me l’a confirmé : « Oui, oui, comment connais-tu Caroline ? »

Ce soir du 16 mars, je rejoins le cinéma… en me disant que grâce à quelques camarades de cinéma plus ouverts – Georges, Pierre et Alain – j’ai appris à enfiler les « culottes de sœur » et à charger la caméra de pellicule… Dire qu’aujourd’hui, il suffit d’un clic et d’une toute petite carte à puces…

Et j’entre au cinéma en heureuse spectatrice pour la soirée d’ouverture de Femmes en cinéma… Florence Bebon, directrice de ce jeune festival, y présente ses coups de cœur.

Florence Bebon, directrice © Femmes en cinéma 2019

Danielle-Marie Chanut et Helen Doyle © Femmes en cinéma 2019

En revenant, encore par le bus 38, je croise une dame, Suzie; elle sortait du cinéma en même temps que moi. Nous faisons le trajet vers la Gare de l’Est en causant… cinéma.

Je tiens à remercier le Conseil des arts de Longueuil (CAL) pour avoir contribué à défrayer une partie des coûts de ce voyage.

NDLR : À part les deux photos de Femmes en cinéma, les autres photos ont été glanées sur Google.

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L’artiste dans son for intérieur

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Mot de la réalisatrice

L’œuvre de Danielle Marie Chanut est singulière et, disons-le, inclassable. Le titre de ce court-métrage poétique est inspiré par l’une de ses œuvres.

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Pour moi, Danielle Marie est une sorte de Fanfreluche – héroïne de mon enfance à la télévision québécoise de la fin des années 1960 – qui nous invite à pénétrer avec elle dans le livre de contes de fées et qui chamboule tous les rôles classiques de la princesse ou de la petite fille laide et sotte. Mais si Danielle Marie aborde le monde de l’imaginaire et de l’enfance, elle ne craint pas de se frotter au monde des grands dans des œuvres aux titres révélateurs comme autant de clefs pour pénétrer son univers : « Ce livre travaille du chapeau », « Ne cherchez pas mon cœur : les bêtes l’ont mangé (Baudelaire) », « Je suis le chat qui s’en va tout seul » ou « Dans les petits coquillages roses il écoutait la mère ». On trouve là quelque chose de léger et de grave à la fois.

L’Artiste dans son for intérieur porte bien le poids de la vie, de ses joies mais aussi de ses souffrances, de ses rêves et de ses désillusions. Dans ses objets/livres détournés – qui peuvent paraître inoffensifs – la mort et la vie se côtoient… Si on prend le temps d’explorer et de plonger dans la matière et dans les interstices de ses livres, si on prend le temps de lire entre les lignes, que trouve-t-on des traces et des cicatrices de sa vie ?

J’ai pensé qu’il serait intéressant d’ajouter un complément à cette invitation au voyage ; j’ai ainsi réalisé un court document qui reflète aussi mon rapport à cette créatrice devenue amie et que je me plais à visiter chaque fois que je suis de passage à Paris. Dans ce document, librement disponible sur Viméo, je vous donne rendez-vous à L’atelier des chimères pour y découvrir ses dernières créations…

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