Avant le départ pour l’Italie, nous effectuons un premier tournage, dans son atelier,
avec le Cambodgien Séra, de son vrai nom Phoussera Ing, auteur de bandes dessinées remarquables…
J’ai rencontré Séra il y a quelques années déjà, avec la complicité de Martine Dionne, de la Délégation du Québec à Paris, qui me mit en contact avec Soko Phay-Vakalis. Historienne d’art, Soko me parla de son Cambodge natal, du travail mémoriel et de Séra. Cette rencontre n’était pas sans me rappeler celle que j’ai eue avec les jeunes de Sarajevo: Jelena, Mahir, Ranko et les autres, comme, plus tard, ma rencontre avec Aset et Tamara… Jeunesses à qui on vole une partie de leur vie…
Pour Séra, ce sera la fuite du Cambodge à treize ans, laissant un père qui ne peut partir avec sa famille. L’exil, le déracinement… et la bande dessinée, comme une sorte de bouée pour éviter le naufrage… Mais la bande dessinée «pratiquée» par Séra est loin de ce qu’on entend par le terme anglais «Comic Stripe», qui me gêne beaucoup quand on parle du travail de Séra sur l’histoire, la mémoire, les traces, et de son travail de peintre.
En tout cas, on pourra dire de nos tournage parisiens que les lieux nous obligent à quelques exercices acrobatiques et à une proximité qui fait qu’aujourd’hui, on est tous enrhumés.
Demain à l’aube, en route vers l’Italie : d’abord chez Paolo Ventura à Anghiari, en Toscane (eh! oui…); puis Palerme… et Letizia Battaglia! Andiamo!



Quel plaisir de suivre vos pérégrinations. Tout cela semble riche et tellement prometteur. Bonne suite des choses…
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