J’aurais voulu apporter des fleurs à Cécilia Mangini, ce premier lundi d’avril, lors de cette rencontre orchestrée par Jakie Buet au festival de Créteil.
Quelle rencontre! En fait, ce n’est pas juste quelques branches de mimosa que j’aurais voulu lui offrir, mais une gerbe immense de ces fleurs jaunes et parfumées qui annoncent déjà le printemps.
Sur Internet, j’avais déjà visionné son film Stendali qui m’a complètement éblouie.
La reconstitution de ce rituel mortuaire dans les Pouilles, la qualité picturale des images, la lumière : quel enchantement ! Ce sont de véritables tableaux. On voit que la Signora Mangini est aussi photographe.
Cécilia (puisqu’elle ne veut pas du Signora) s’exprime dans un français impeccable. Et elle est un de ces «trésors vivants», témoin et actrice de l’histoire de l’Italie contemporaine, mais aussi de son cinéma, du documentaire, à partir de l’animation de ciné-clubs à la réalisation.
Son premier film, tourné en 1959, s’inspire de Ragazzi de Vita, le premier roman de Pasolini. Pour trois de ses films, elle fera d’ailleurs appel à Pasolini pour l’écriture de la narration. «Ce film a été censuré à sa sortie» dit-elle. À mon avis, bien que tourné avant l’Accatone de Pasolini, il en est un très proche cousin. Je suis un peu surprise qu’on ne fasse mention de ce film nulle part; pourtant, pour moi, la filiation, le lien de parenté sont évidents.
Quant à Pasolini, je lui précise que c’est le processus de création, l’écriture pour les documentaires, et en particulier pour les appunti qui m’interpellent et qui m’amènent à Rome. «Pas facile, ce projet…»
Vous avez raison, Cecilia, je me coletaille à tout un défi… Elle me sourit de ses yeux malicieux…
J’ai très hâte de voir toutes les autres réalisations de Cécilia : ce sera une découverte; une révélation?… En tout cas, certainement, un des appunti de ce film à faire…
