La naissance d’un projet

Lors de la présentation de nos films, les spectateurs nous demandent fréquemment comment nous est venue l’idée ou le sujet de notre documentaire. Le temps passant, cette étincelle du point de départ souvent se dilue dans les méandres de la production et de la réalisation. Mais pour ce projet, le souvenir de l’élément déclencheur sera toujours très précis dans ma mémoire.

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Lune de givre © Helen doyle

Ce soir de décembre 2011, sur Euronews, on présente cette nouvelle culturelle : à Marseille, des seniors dansent sur la musique du Sacre du Printemps de Stravinsky… Rien de moins! C’était d’une beauté folle! Ce n’était pas des danseurs, mais bien des gens de tous les horizons qui dansaient… et ils crevaient l’écran. J’ai ressenti une secousse que je qualifie de tellurique. Je retiendrai le nom du chorégraphe : Thierry Thieû Niang.

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Au cours des années suivantes, le souvenir de ce «fragment de spectacle» est revenu sans cesse à la surface jusqu’à ce que je me décide à entrer en contact avec son instigateur.

Lors de notre première rencontre, Thierry Thieû Niang m’a remis le DVD de Danser le printemps à l’automne  présenté au FIFA en 2014. Ce documentaire, une réalisation de Denis Sneguirev et Philippe Chevalier et produit par Bel Air Media, a, depuis, obtenu plusieurs prix prestigieux (dont Étoile de la SCAM et Meilleur documentaire au InShadow de Lisbonne).

L’approche et la philosophie du chorégraphe m’ont immédiatement convaincue : «Faire face à tout ce qui s’aggrave et se perd du monde et de l’humanité, inventer et transformer non pas dans la peur mais dans le désir. De là une ampleur, une respiration à partager pour que l’intime, toujours en s’élargissant, puisse prendre la mesure de l’histoire.»

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Thierry Thieû Niang © Jean-Louis Fernandez

Je me suis dit que nous pouvions ensemble inventer, créer, ouvrir et donner autre chose à voir, ici, au Québec… Comme point de départ,  je propose à Thierry la métaphore des oies sauvages qui annoncent, chez-nous, les changements de saisons. Et en les observant volant au dessus du fleuve, je me suis dit qu’il y avait là une base de mouvement intéressante et une proposition pour une chorégraphie. Mais leur comportement recèle quelque chose de plus : lorsque l’oie qui est en tête est fatiguée, elle se place à l’arrière de cette formation en aile et une autre prend sa place à l’avant ; il est raisonnable de faire une rotation, de se soutenir, de s’entraider. Il faut aussi les voir par milliers sur nos battures au printemps et à l’automne.

«J’aime beaucoup cette idée, cette fable, cette analogie poétique que désigne l’envol des oies sauvages, de cette liberté joyeuse et intemporelle, incroyable et vivante dont nous sommes aussi, à tout âge, capables ! Une batture ! quel beau mot ! et c’est déjà une chorégraphie ; et ce V qui s’ouvre se déploie ; et chacun qui laisse sa place à celui qui va de l’avant, ensemble… Oui on peut commencer à danser ainsi dans l’espace un grand V – comme vie.» Voilà ce que Thierry m’a servi en guise de réponse…

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Thierry © Pascal Victor

Je remercie à Thierry pour sa permissions d’utiliser ses photos. H. D.

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Alì dagli occhi azzurri

dans la nuit Nuit © Helen Doyle

Dans la nuit © Helen Doyle

« … Ali aux yeux d’azur,
Fils parmi les fils
Descendra d’Alger par navire
à voile et à rame. Ils seront
Avec lui des milliers d’hommes
Aux petits corps et aux yeux
De pauvres chiens des pères
Sur des bateaux lancés vers le Royaume de la Gloire. »

Pier Paolo Pasolini, Alì dagli occhi azzurri

Tout comme mon amie Julie, «initiatrice» du Cycle Pasolini, et qui m’a si gentiment offert une édition rare de Ali dagli occhi azzuri, les mots du poète surgissent en voyant, une fois de plus, aux actualités, les bateaux fantômes, les bateaux «poubelles» avec tous ces gens en train de fuir…la guerre.

Je me rappelle les nombreux reportages, lorsque je vivais à Rome, qui les montraient, les «clandestins», venant de Tunisie et arrivant sur l’île de Lampedusa; et aujourd’hui… ils arrivent de la Syrie.

Un passage du très beau roman La tentation d’Antoine du grand reporter Jean-Paul Mari  se greffe à ces images. Antoine, grand reporter, tente de retrouver sa mémoire et il se retrouve en Italie où il fait la rencontre du rescapé Solomon : «Il avait le regard d’un humain qui a embrassé la mort à pleine bouche.»

Ce livre de Jean-Paul Mari est magnifique! À lire pour ceux qui veulent poursuivre la réflexion sur le journalisme, la mémoire et les tumultes du monde. Antoine finira sa quête, ou presque, en se rendant sur les plages de Sabaudia visiter la villa de l’écrivain Alberto Moravia qu’il partageait avec son ami Pasolini…

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C’est sur cette  plage de Sabaudia qu’il tient ses propos: «Je suis  convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé la société de consommation».

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Un envol prochain !

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Au crépuscule © Helen Doyle 2014

Comme disait une amie réalisatrice (et comme vous le diraient la plupart des créateurs): nous devons avoir plusieurs projets sur le feu. J’en suis donc à en concocter un nouveau qui débutera en 2015. En voici deux  indices…

Un partie du titre me vient de Cecilia Mangini ou de Jackie Buet, lors de leur passage au Québec, ce printemps; je ne sais plus laquelle des deux a décrété que nous vivions «au pays du grand ciel». Et dans divers échanges courriels après leur mémorable visite, elles utilisaient souvent ce titre comme objet de nos échanges. Elles ne savaient pas que je commençais à mûrir un nouveau projet de film qui se déroulera principalement ici, au Québec.

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Sur le mur de ma maison © Helen Doyle 2014

Après avoir voyagé par monts et par vaux avec des projets qui m’emmenaient à réfléchir, depuis 1995, sur l’engagement (comment être «engagé-dégagé»), les conflits, l’exil et les tumultes du monde, je souhaitais poursuivre cette quête, mais en proposant cette fois-ci quelque chose de plus… pragmatique et en même temps poétique. Et c’est durant ce lumineux printemps que le passage des oies sauvages m’a ouvert de nouvelles pistes et de nouveaux  horizons.

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Voilier d’oies au-dessus de Chicoutimi © Pascal Dumont

Merci à Pascal Dumont, photojournaliste croisé à Zoom Saguenay, pour cette photo des oies passant au-dessus de ma ville natale. Ce projet naissant s’ancrera toutefois dans ma ville d’adoption, Longueuil. Mais qui sait où nous mèneront ces oies?

Donc après Dans un océan d’images j’ai vu le tumulte du monde et L’artiste dans son for / fort intérieur, toujours sur la table de montage, me voici, me voilà, avec comme titre de travail de ce nouveau projet :

Au pays du grand ciel dansent les oies sauvages.

J’essaierai, comme à mon habitude, de tenir une chronique – forcément irrégulière – de l’état d’avancement du projet, constitué comme toujours, de moments de recherche, de conversations, de mise en place d’éléments concrets, de longues, trop longues plages d’attente, de rencontres surprenantes, d’emmerdements et de ravissements…

À suivre?…

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Bilan automnal

Je profite de la veille de Noël pour remercier tous ceux et celles et qui ont manifesté, avec des WOW!, des Brava! et de gentils messages à mon endroit, pour la maison de production InformAction, à mes collègues Nathalie, la directrice photo, et Dominique, la monteuse, qui ont reçu elles aussi un Gémeaux de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision pur Dans un océan d’images, j’ai vu le tumulte du monde.

Le Gémeaux du Meilleur documentaire culture : réalisation Helen Doyle, production Informaction films, Nathalie Barton et Ian Quenneville

Le Gémeaux de la Meilleure direction photographique : affaires publiques, documentaire toutes catégories : Nathalie Moliavko-Visotzky

Le Gémeaux du Meilleur montage : affaires publiques, documentaire, émission : Dominique Sicotte

Je n’ai pu être présente à cette remise de prix, mais Nathalie Barton et Ian Quenneville, mes producteurs chez InformAction, ont accepté la statuette et relayé mon message : «Merci à tous ceux et celles qui m’ont accompagnée durant ce périple… Je dédie ce Gémeaux aux rapporteurs d’images de ce film, et à tous ceux et à toutes celles qui, aujourd’hui, contre vents et marées et au prix de leur vie, nous rapportent des images des tumultes du monde!»

Nathalie Barton et Ian Quenneville. Soirée des Gémeaux 2014 © Benoît Dame

Nathalie Barton et Ian Quenneville. Soirée des Gémeaux 2014 © Benoît Dame

Je remercie aussi Benoît Dame (lui aussi en lice avec Catherine Van der Donckt; Benoît a aussi reçu un Gémeaux, mais …pour un autre film!), qui m’a gentiment fait parvenir cette photo de Nathalie et Ian de son cellulaire lors de la remise des prix.

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L’équipe de Dans un océan d’images © Kim Mingo 2012

Je ne dirai jamais assez combien j’ai été si talentueusement et généreusement accompagnée durant les cinq années où j’ai porté ce projet de Dans un océan d’images. Sur cette photo de tournage chez Paolo Ventura, on voit (à partir de la gauche) Nicole Giguère, une complice de toujours; Benoît Felici, jeune réalisateur italien qui était notre fixeur (en passant, il fait de très bonnes salades), Olivier Léger au son, Paolo Ventura, Nathalie Moliavko-Visotzki à l’image; et enfin, la réalisatrice… La photo a été prise par Kim Mingo, la compagne de Paolo.

•••

Cet  automne 2014 a été consacré au montage image de  L’artiste dans son for / fort intérieur, à partir des livres et objets détournés de Danielle-Marie Chanut.

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Danielle-Marie Chanut dans son atelier © Helen Doyle juin 2014

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L’artiste dans son for / fort intérieur. Détail © Helen Doyle 2014

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L’artiste dans son for / fort intérieur. Natacha au montage © Helen Doyle 2014

J’ai heureusement eu le privilège d’une résidence chez PRIM, où j’ai débuté avec Natacha Dufaux comme conseillère et poursuivi avec une jeune réalisatrice stagiaire (et néanmoins très professionnelle), Sophie Guérin.

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L’artiste dans son for / fort intérieur. Tournage © Helen Doyle 2014

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L’artiste dans son for / fort intérieur. «L’ogre» – détail © Helen Doyle 2014

En terminant ce billet, je tiens à signaler la parution d’un livre incontournable – un must! – que mes amies Les Réalisatrices Équitables viennent de lancer : 40 ans de vues rêvées.  En plus, quel beau présent pour Noël… Bravo mesdames!…

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Kamouraska : une Rencontre photographique…

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Kamouraska © Helen Doyle 2014

Au retour des «vieux pays», après notre Promenade à Vendôme, nous poursuivons notre été photographique, cette fois à la Rencontre photographique du Kamouraska sur le thème Faire des mondes… Nous y allions pour (entre autres) y projeter Dans un océan d’images, à l’invitation de Ève Simard, la directrice du Centre d’art, que je remercie… Mais laissant de côté «les tumultes du monde», nous allions plutôt nous délecter de nos magnifiques paysages «du bas du fleuve»…

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Vu du Centre d’art ©Helen Doyle

Tout au long de la route jusqu’à Kamouraska, le fleuve attire le regard et nous accroche avec ses paysages envoûtants. Et le commentaire de Cecilia Mangini lors de son passage  au Québec me revient en tête : «Au pays du grand ciel…» Oui, c’est bien le pays du grand ciel…

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Invitation à la contemplation ©Helen Doyle

Lieu commun peut-être, mais ce fleuve magnifique est sans doute l’une de nos plus grandes richesses…

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«Là-bas sur l’île» sculpture d’Alain Dionne © Helen Doyle 2014

Au Centre d’art, là même où je projetais mon film, le commissaire Baptiste Grison a  sélectionné de très belles expositions pour cette sixième Rencontre de la photographie : «Les images récoltées sont déformées, décomposées, détournées, dé-contextualisées… à moins que ce ne soit la scène dans son entièreté qui soit transfigurée…» Les oeuvres de Florence Le Blanc ont particulièrement séduites Germain, mais nous avons été aussi impressionnés par le travail de la lumière chez Jocelyn Philibert, par la démarche inusitée des correspondances de Véronique Béland et Catherine Tremblay et les «constructions» de Yves Medam… (Tous ces artistes ont leur propre page Web.)

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Exposition centre d’art : Philibert et Medam © Helen Doyle 2014

On nous propose aussi un itinéraire dans la région, qui vaut vraiment le détour, à la fois pour découvrir des photographie mais aussi des endroits secrets…  Ainsi les photographies de Madeleine Punde dans le sentier forestier de Mont-Carmel…

Plusieurs des photographes exposants sont des «élèves» de la classe de maître que donnait Bertrand Carrière à l’été 2013. Ce sont de très belles ballades et surtout un bel arrêt à faire avant de se rendre, aux Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie

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Sentier pédestre culturel de Mont-Carmel – Photos de Madeleine Punde © Helen Doyle 2014

…ou carrément sur le bord de la mer!

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Et au détour de nos ballades…

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Champs de colza, Saint-Germain © Helen Doyle 2014

Champs de colza, Saint-Germain © Germain Bonneau 20140721_133043

Champs de colza, Saint-Germain © Germain Bonneau 2014

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La photographe au chapeau © Germain Bonneau 2014

En rentrant dans le village de Saint-Germain, au coin de la rue principale et du rang Mississipi, nous tombons sur cette surprenante «bibliothèque» : le Frigidaire littéraire, et, juste à côté, un mini-musée sous vitrine!… 

«Ces deux installations érigées par des citoyens sont présentes depuis novembre 2012. Le Mini-musée met en valeur des expositions artistiques changeant mensuellement. Le Frigidaire littéraire est une librairie gratuite sous forme de réfrigérateur. Elle propose aux visiteurs comme aux concitoyens la possibilité de prendre un livre ou d’en laisser un.» (tiré de Wikipedia)

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Mini-musée et Frigidaire Littéraire, St-Germain © Helen Doyle 2014

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Frigidaire Littéraire, St-Germain © Helen Doyle 2014

Et pendant que je photographie le Frigidaire littéraire, Germain découvre, de l’autre côté de la rue, un autre bel ouvrage d’imagination…

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Invitation au repos 1, St-Germain © Germain Bonneau 2014

Ce «lit de repos» est fabriqué de «palettes de bois» et de poteaux de galeries récupérés!

Invitation au repos 1, St-Germain © Germain Bonneau 20140721_140747

Invitation au repos 2, St-Germain © Germain Bonneau 2014

Et c’est bien malgré nous que nous devons rentrer «dans nos terres»… On prend tout de même le temps de faire une dernière halte au quai de la Rivière-Ouelle et à la Pointe-aux-Orignaux…

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Pointe-aux-Orignaux (1) © Helen Doyle 2014

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Pointe-aux-Orignaux (2) © Helen Doyle 2014

Nous restent les belles images et les magnifiques crépuscules sur ce majestueux fleuve…

Crépuscule sur les battures de Kamouraska © Helen Doyle 2014 P1080545

Crépuscule sur les battures de Kamouraska © Helen Doyle 2014

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Une Promenade photographique à Vendôme…

Lectrices, lecteurs, cet article est écrit à deux mains (comme on joue du piano à quatre mains), celles d’Helen et de Germain.

Le lendemain de notre tournage avec Danielle-Marie, Gare Montparnasse, nous prenons le train vers les Promenades photographiques de Vendôme où Odile Andrieu, la directrice artistique et fondatrice de cet évènement, a prévu de faire la projection de mon film à la chapelle Saint-Jacques.

Gare Montparnasse, 20 juin  © Mael Crespo 2014

Gare Montparnasse, 20 juin © Mael Crespo 2014

G. Vidamment, B. Carrière et G.B. © Mael Crespo 2014

G. Vidamment, B. Carrière et G.B. © Mael Crespo 2014

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Déjà, à la gare Montparnasse, les rencontres commencent : nous retrouvons Claude Goulet, des Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, puis Jean-François Bérubé… et Bertrand Carrière, invité cette année pour une résidence (le chanceux!). L’an dernier, cette résidence avait été attribuée à Jean-François Bérubé, qui expose cette année les résultats de son magnifique travail, Bonum iter Compostellam, tout en intériorité et pourtant, ouvert sur l’espace, physique comme intérieur.

Gérald Vidamment, J.-F. Bérubé, (Claude Goulet de dos) et H.D. © Germain Bonneau 2014

Gérald Vidamment, J.-F. Bérubé, (Claude Goulet de dos) et H.D. © Germain Bonneau 2014

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Chantal, John Batho, Dominique˙© Maël Crespo 2014

Nous repérons le photographe français John Batho et, à peine installés dans le train, on fait connaissance avec Ève Morcrette, avec qui se développera une complicité professionnelle pour Germain (une collaboration future?…)

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Vendome – Eve Morcret et G.B. © 2014 Mael Crespo

Nous nous réjouissons à l’idée de retrouver Nadia Benchallal, qui «monte» à Vendôme en voiture depuis le village d’Escamps, dans le sud, près de Cahors… Elle y présente une grande exposition sur sa série de femmes musulmanes dans le monde.

Nadia Benchallal expose à Vendôme © Mael Crespo 2014

Nadia Benchallal expose à Vendôme © Mael Crespo 2014

Arrivée à la gare de Vendôme un peu chaotique : pas de place pour tout le monde dans la navette! Et après? Nous sommes encore «en vacances», il fait un temps magnifique et on a tout le loisir de placoter entre nous…

Arrivée à Vendôme 20 juin © Maël Crespo 2014

Arrivée à Vendôme 20 juin © Maël Crespo 2014

…jusqu’à ce que trois voitures arrivent pour nous prendre en charge : premier contact avec Sophie-Capucine Mermet, l’une des bénévoles à l’accueil des invités, (avec Marion, Margaux, Chantal…)

Accueil à Vendôme © Mael Crespo 2014

Accueil à Vendôme (Marion et Sophie-Capucine Mermet) © Mael Crespo 2014

Cour du cloître - Margaux  © Mael Crespo 2014 P1080372

Cour du cloître – Margaux © Mael Crespo 2014

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Vendôme – Cour des Écuries ©Helen Doyle 2014

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Expo 30 écoles internationales de photographie – Vendôme, Les Écuries © Helen Doyle 2014

Anecdote…

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Le photographe photographié © Helen Doyle 2014

Pendant deux jours – deux courtes journées – nous aurons le bonheur de regarder et de voir des photographies souvent magnifiques, quelques fois sublimes, rarement décevantes… et jamais insignifiantes. Plus encore, nous aurons cette chance de rencontrer celles et ceux qui les font, surtout des femmes, puisque cette année, le thème des Promenades est : «La femme photographe est une photographe comme un autre»!… L’ambiance en est une de fête…

Pique-niques mémorables, dont l’un à Saint-Agil, où nous sommes reçus par une femme, disons-le, remarquable, Karine Gloanec-Maurin, à L’Échalier La Grange de St-Agil, lieu de diffusion et de création artistique et culturelle.

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Louis Bourreau (prés. du c.a. des Promenades) raconte… © Maël Crespo 2014

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Jeroen offre le «Petit gris» rosé à Mirjam © Maël Crespo 2014

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Pique-nique à St-Agil © Maël Crespo 2014

Avant la projection du film le samedi soir, rencontre émouvante avec Mirjam Applehof et ses images… 

Et en route pour la projection du film Dans un océan d’images j’ai vu le tumulte du monde.

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Jeroen van Haren, Nadia Benchallal, Bertrand Carrière, Floriane Fabre © Helen Doyle 2014

Test avant la projection avec Odile © Helen Doyle 2014 - P1080413

Test avant la projection avec Odile © Helen Doyle 2014

Flora et Elena Perlino, Vendôme © Helen Doyle 2014 - P1080422

Flora (avec Sylvère) et Elena Perlino, Vendôme © Helen Doyle 2014

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En attendant la projection © Helen Doyle 2014

La salle est comble et malgré le son un peu écho (dans l’ancienne chapelle du cloître), le public a accueilli Dans un océan d’images vraiment chaleureusement. Nous avons entendu des commentaires émouvants, particulièrement celui de Marc Simon… (qui, après avoir collaboré avec les plus grandes agences comme photojournaliste – notamment à Sabra et Chatila en 1982 – dirige aujourd’hui le service photos de VSD.)

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Vendôme la nuit © Helen Doyle 2014

Nous quittons Vendôme, contents, heureux même, après deux jours intenses de belles rencontres et d’images magnifiques… celles de Claude Batho, de Mirjam Applehof, de Christine Lefebvre, d’Ève Morcrette, de Lana Slezic, de Nadia, de Jean-François Bérubé…

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Mirjam Appelhof, Jeroen, Margaux, Odile Andrieu et Chantal © Germain Bonneau 2104

Et en route pour… Les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, où vous attend Claude Goulet… Et on n’oublie pas de passer par  Kamouraska où se tient la Rencontre photographique du Kamouraska et en particulier La Semaine de la photographie du 21 au 27 juillet!

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Claude Goulet © Maël Crepo 2014

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Avec Danielle-Marie, un petit tour de manivelle …dans son fort intérieur

Après notre tournage d’avril à l’intérieur de ses livres détournés, il me restait un petit tour de manivelle à donner à l’atelier de l’artiste Danielle-Marie Chanut ; pour ainsi dire, dans son fort intérieur; et de plus, le lendemain de son anniversaire. Elle nous parle de quelques uns de ses livres et objets détournés…

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Au son, Graziela © Helen Doyle 2014

Danielle-Marie et «Le lecteur dévoré par les contes» © Helen Doyle 2014 - P1080341

Danielle-Marie et «Le lecteur dévoré par les contes» © Helen Doyle 2014

Danielle-Marie et «Gaya» © Helen Doyle 2014 - P1080348

Danielle-Marie et «Gaya» © Helen Doyle 2014

Claire et Danielle-Marie © Helen Doyle 2014 - P1080333

Claire et Danielle-Marie © Helen Doyle 2014

Danielle était contente, je crois. Et là, je viens juste de recevoir un exemplaire de la revue Artension, qu’elle m’a envoyé. J’y trouve un bel article – quatre pages avec photos – sur son travail, signé Christian Noorbergen.

Ce n’est qu’en août que je monterai (en résidence chez PRIM) les superbes images de Nathalie Moliavko et cette entrevue avec Danielle. J’ai hâte… malgré les embûches…

•••

Dès le lendemain du tournage, hop! le train pour Vendôme et ses Promenades photographiques, où j’aurai le plaisir de présenter Dans un océan d’images… Promesse de belles rencontres, grâce à l’invitation d’Odile Andrieu.

En voiture!…

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SÉRA Ing : un Memorial à Phnom Penh

Lors de mon passage à Paris en avril dernier, nous avons présenté Dans un océan d’images au cinéma Le Nouveau Latina, à l’initiative du Centre Simone de Beauvoir – qui sera d’ailleurs le relais pour la distribution du film en France. La salle était pleine à craquer. Mais ce qui me faisait particulièrement plaisir, c’était d’avoir, parmi les invités, ma directrice photo, Nathalie Moliavko-Visotzki, et quelques amies comme la photographe Christine Spengler. Un de mes rapporteurs d’images était aussi présent : Séra, créateur de nouvelles graphiques. Le lendemain de la projection, n’ayant pu nous rendre à son vernissage à la Galerie Oblique dans le Marais, nous y sommes allé en délégation, Danielle-Marie, Florence, Nathalie et moi ; ce fut une occasion de poursuivre nos échanges trop brefs de la veille et de prendre un peu de nouvelles de ses nouveaux projets.

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Séra à la galerie Oblique, Paris © Helen Doyle 2014

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Séra à la galerie Oblique 2, Paris © Helen Doyle 2014

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Danielle-Marie Chanut – Galerie Oblique, Paris © Helen Doyle 2014

Quelques jours plus tard, Séra me communique la nouvelle d’un important projet qu’il est en train de mettre sur pied : un Mémorial de la «tragédie cambodgienne» à Phnom Penh à l’occasion du 40e anniversaire en 2015.

«The first Memorial in remembrance of the Fall of Phnom Penh on April 17, 1975 and in homage to the victims of the Khmer Rouge genocide».

Ainsi, le 17 avril 2015, l’artiste Séra érigera sur la place en face de l’Ambassade de France à Phnom Penh, une œuvre artistique monumentale, conçue comme un «lieu de mémoire» et de recueillement pour tous ceux qui souhaitent honorer leurs disparus.

Cet événement historique pour le Cambodge sera aussi l’occasion de rappeler à la communauté internationale cette tragédie majeure du XXe siècle.

Je me fais un peu la porte-parole de Séra pour vous inciter à soutenir la réalisation du premier et de l’unique Mémorial, dédié «à ceux qui ne sont plus là», qui viendra commémorer les 40 ans de la Chute de Phnom Penh et les victimes du Génocide Cambodgien.

La campagne de financement se déroule sur Kickstarter. J’espère que vous y serez sensible.

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Luci e ombre su Casarsa : Cecilia… à propos de Helma Sanders-Brahms

À son retour de Casarsa, l’adorable Cecilia Mangini me fait parvenir cette série de photographies de sa visite sur la tombe de Pasolini. Je suis émue; elle est incroyable, Cecilia, elle a trouvé des fleurs semblable à celles de mon jardin, dont je lui avais envoyé la photo… pour les déposer sur la tombe de Pasolini.

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Et la voilà lors de ses rencontres sous l’oeil attentif de Pasolini …

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Ces photographies sont arrivées au moment où Jackie m’apprenait la mort de Helma Sanders-Brahms, cette réalisatrice qui, comme Cecilia, a eu un impact important dans mon parcours… Son «Allemagne, mère blafarde» m’a marqué à jamais.

Helma… très chère Helma… Je repense à notre rencontre à Berlin (toujours Jackie, qui m’avait si gentiment organisé un rendez-vous).  Helma m’avait raconté qu’au moment où elle était journaliste et speakerine, elle avait sauté sur l’occasion d’un reportage sur le monde du cinéma en Italie. Une de ses rencontre marquantes : Pasolini. Il lui avait prédit qu’elle deviendrait réalisatrice. Helma a partagé avec moi des souvenirs de son jardin secret, des anecdotes de tournage sur Médée, où Pasolini l’avait invitée. Je souhaitais tant la revoir…

Puis il y a eu ce très bel éloge de Jackie…


Hommage à Helma Sanders-Brahms

Grâce à Helma, grâce à l’intensité et à la force, de son cinéma nous avons accepté de nous engager dans la restitution de nos vies à travers l’Histoire. Nous avons pris conscience que nous sommes vivantes et responsables. Désormais nous faisons face à notre histoire personnelle et à la grande Histoire collective. C’est cela le talent particulier d’Helma : celui de savoir solliciter l’individu dans son histoire et dans l’Histoire.

Une œuvre majeure. A partir de cette position (évidente dans son film : «Allemagne Mère Blafarde» qui connut un très grand succès international), que je ressens comme politique et artistique, Helma Sanders Brahms a rayonné dans le cinéma européen et mondial de manière forte et constante. Elle a sillonné le monde entier avec ses films à travers les plus prestigieux festivals collectionnant les récompenses Berlin, Venise, Cannes, Tokyo, Créteil…

Ma rencontre avec Helma date de 1979 année de naissance de notre festival. Elle avait déjà une œuvre en plein essor et notre festival débutant a connu grâce à sa venue un succès public et médiatique immédiat. Nous étions les «filles des ennemis héréditaires» : c’était de cette façon que nous parlions de nos vies. Elle particulièrement, avec les autres réalisatrices allemandes des années 80, a apporté au cinéma français une nouvelle dimension : celle de la liberté de passer du documentaire à la fiction, du court métrage au long métrage dans un élan créatif en prise directe avec la réalité. En France, notre Agnès Varda était alors une des seules à avoir tout essayé. Helma a tout tenté, y compris le film musical «Clara», son dernier long métrage fiction que nous avons présenté à la cinémathèque française en 2009 et qui met en scène la vie et l’œuvre de Clara et Robert Schuman et Johannes Brahms. Y compris des parcours inattendus comme aux côtés de Pier Paolo Pasolini suivant son travail sur Médée C’est d’ailleurs lui qui a fortement encouragé Helma à faire du cinéma de fiction.

J’ai revu récemment un de ses premiers films inédit en France, «Les derniers jours de Gomorrhe (Die letzten Tage von Gomorrha, 1974)». Là aussi je suis admirative devant l’invention formelle qui fait de ce film une vraie aventure de politique fiction, mais surtout une création visionnaire organisée comme un film-d’opéra.

Le festival International de Films de Femmes de Créteil est fier, je suis fière d’avoir pu découvrir assez tôt l’œuvre d’Helma Sanders Brahms pour qu’elle reste présente dans les esprits et les cœurs de toutes les spectatrices de Sceaux et de Créteil et surtout qu’elle touche les jeunes générations. Sa mémoire sera honorée et nous seront vigilantes pour que son œuvre demeure. Jackie Buet, 29/05/2014

Suivi de cette magnifique réponse de Cecilia :

Chère Jackie,

C’est ce que tu nous suggères: il faut sauver la douleur, cette rue étroite et difficile que notre époque de satisfactions immédiates veut effacer, abolir, car la douleur jumelée à la joie est notre camarade dans le rapport, que tu as si bien saisi, avec l’histoire personnelle et l’Histoire collective: tu évoques pour Helma, pour toi et pour nous toutes “Allemagne mère blafarde”, un appel à la présence vitale dans nos histoires privées et publiques du desaparecido Bert/Bertold Brecht – peut-être la perte culturelle la pire parmi la foule des artistes et des intellectuels condamnés à disparaître. Selon moi, Brecht est le fils direct de Voltaire (une parenté à vrai dire encore ignorée) et tu l’as attrapée [à la] volée quand tu dis “nous étions «filles des ennemis héréditaires», c’était de cette façon que nous parlions de nos vies.”

Je l’avoue, je ne connaissais pas Helma Sanders-Brahms: en Italie on l’a ignorée comme “fille d’un ennemi variable”, mais pas plus tard que la semaine prochaine j’irai à notre Cinémathèque Nationale pour en parler avec son directeur Emiliano Morreale: j’espère que de ses films et documentaires on a des copies doublées en italien – je [ne] suis point d’accord avec le doublage, mais en Italie nous n’avons rien d’autre.

Merci mille fois pour ton hommage à Helma, tes mots émus et intenses demeurent en moi: c’est notre communauté de la douleur.

Je t’embrasse avec toute mon amitié et ma tendresse,
Cecilia»    

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Helma Sanders-Brahms im Jahr 2008. © Bild: imago / t-f-foto

Il n’y a rien à ajouter!

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Notre très chère Cecilia a regagné Rome; mais à peine a-t-elle posé ses valises que la voilà repartie vers de nouveaux hommages, bien mérités, au Centro Studi Pier Paolo Pasolini Centro Studi à Casarsa della Delizia (le Centre d’études Pasolini à Casarsa la Délicieuse, son lieu de sépulture).

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Cecilia Mangini, Casarsa, 2014

Mais malgré la fatigue du voyage, elle prend le temps de nous écrire et de nous parler «du pays du grand ciel». Moi je lui transmets des photos souvenirs, accompagnées d’une photo de fleurs de mon jardin, ce jardin qu’elle a vu en coup de vent…

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Tulipes pour Pasolini © Helen Doyle 2014

Et Cecilia de me répondre : «Ma très chère Helen, j’ai beaucoup apprécié la photo des fleurs de ton jardin que tu m’a envoyée : est-ce que tu peux me dire comment s’appellent-elles? Je voudrais les porter à Pier Paolo Pasolini à Casarsa en ton nom, au nom de Julie Paquette et de moi-même.»

Casarsa - tomba di Pasolini

Casarsa, tomba di Pasolini (Domaine public)

Ce ne sont pas des géraniums rouges comme sur la tombe de Gramsci, Cecilia, qui nous ramène au merveilleux poème de Pasolini, Les Cendres de Gramsci, que tu disais être le plus beau pour toi, aux étudiants de Julie…

Géraniums rouges pour Gramsci © Helen Doyle 2011 P1070666

Géraniums rouges pour Gramsci © Helen Doyle 2011

Pasolini sur la tombe de Gramsci (domaine public)

Pasolini sur la tombe de Gramsci (domaine public)

Et je t’imagine sur la tombe de Pasolini, comme sur cette photo archiconnue de lui se recueillant sur celle de Gramsci. Je t’imagine avec la photo de mes fleurs, chère, très chère Cecilia; il n’y a que toi pour penser à faire une chose pareille! Mais peut-être un jour pourrons-nous, ensemble, aller planter de vraies tulipes à Casarsa et saluer cet homme qui a provoqué de si belles rencontres…

Dans mon jardin © Helen Doyle 2013 IMG_0934

Dans mon jardin © Helen Doyle 2013

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