Paris. Hier soir, à la Mairie du 10ème arrondissement, moments joyeux et festifs.
On souligne le parcours et l’implication de 20 femmes dans le 10ème arrondissement, par cinq jeunes rédactrices et une graphiste sous la forme de grandes bannières consacrées à chacune d’elles. Quel bonheur de voir l’une d’elles consacrée à Chrystel Dozias. Bien mérité, chère Chrystel, je lève mon verre à cette joyeuse et percutante initiative.
À côté de moi, une dame dit à son compagnon « Malheureusement, c’est encore très nécessaire… »
En plus, la teneur de ces bannières se retrouve en supplément dans le Journal du village Saint-Martin.
Aujourd’hui, je retrouve ma chère Danielle Marie Chanut, avec qui j’irai demain, bras-dessus bras-dessous au cinéma présenter L’artiste dans son for intérieur, au festival Femmes en cinéma. Pour moi – et pour elle – c’est un peu une surprise de dernière minute que je dois à la bourse de déplacement du Conseil des arts de Longueuil, ma ville, qui a aussi été partenaire à la réalisation de L’artiste dans son for intérieur.
J’ai connu Danielle au début des années 1980 ; je préparais alors le tournage du Rêve de voler. Mais peut-être ai-je déjà raconté ça… Tant pis !
Je me baladais un dimanche dans le 5e avec mon amoureux, appréciant les nombreuses galeries du quartier latin quand tout à coup mon regard fut happé par quelques somptueux masques de chouettes dans une vitrine. Or, la trame du Rêve de voler est basée sur un conte pour enfants-adultes écrit pour des trapézistes. L’argument : un roi fou décide de faire emprisonner tous les oiseaux, car il les veut pour lui tout seul ! Les masques d’oiseaux que je venais de voir était vraiment source d’inspiration.
Quelques jours plus tard, après avoir mis le fiancé sur son avion de retour au pays, je me suis mise à chercher – parce que je ne l’avais pas notée – la galerie où j’avais vu ces masques magnifiques ; j’ai enfin pu les retrouver, trônant dans la vitrine d’une libraire de livres anciens, rue Mazarine.
J’entre et je demande : « Pouvez-vous me dire qui crée ces superbes masques ? » Une dame, plus très jeune, mais avec un air et un ton espiègle me répond « C’est moi… »
Je ne peux m’empêcher de lui parler de mon projet en préparation et je lui demande comment je pouvais acquérir l’un de ses masques. Spontanément, ma belle interlocutrice me dit « Je vous l’emballe ! » Je lui explique que je suis à la fin de mon voyage, que je suis fauchée comme les blés ; elle me répond : « Si vous le voulez, je vous l’emballe. Vous partez pour le Québec, alors vous pourrez m’envoyer un mandat lorsque vous serez à la maison. Prenez… »
Nous avons fait plusieurs tentatives avec les trapézistes pour utiliser le masque de Danielle Marie, mais ça s’avérait trop dangereux : les plumes s’accrochaient facilement dans les cordages et la vision, qui doit être dégagée, l’était grandement et mettait nos trapézistes en danger. C’est ainsi que le masque de chouette de Danielle Marie se transforma en porte bonheur ! Et lorsqu’il y a eu une projection rue du Bac, à la Délégation du Québec, ce fut un bonheur d’inviter Danielle. C’était le début d’une longue et belle histoire d’amitié et de complicité.
Je ne sais combien de belles expositions j’ai raté, surtout sa toute dernière à la Fabuloserie à Paris, Il y a quelques mois.
Après les masques, Danielle Marie est passée à la création de livres détournés. En guise de préparatif à la projection de demain au cinéma Les 3 Luxembourg dans le cadre de Femmes en cinéma, voici quelques images du tournage au CENT-QUATRE PARIS. La directrice photo Nathalie Moliavko-Visotzky, après avoir relevé le défi de mon documentaire Dans un océan d’images, a créé avec moi ce poème en images à partir de dix des livres détournés de Danielle.
J’en profite ici pour dire un gros merci à Benoit Dame pour la trame sonore qu’il a su créer de toute pièce, et à Bruno Bélanger au mixage chez PRIM, ainsi qu’à toute l’équipe de ce havre dans nos projets les plus fou et à risques… (J‘ai d’ailleurs déjà obtenu de ce centre d’artistes la « Bourse des refusés » ; dommage que celle-ci n’existe plus.)
À tout de suite, ma chère amie, j’ai très hâte de te revoir. Ça fait longtemps que je ne suis pas passée dans ton 14ième te faire la bise et prendre le temps avec toi de nous raconter toutes nos chouennes et nos rêves de créatrices.
























































































