Palerme et Battaglia… la suite

Le lendemain, cette très chère Rapporteuse d’Images nous a réservé une petite surprise avec sa petite fille Martha et l’amie Chiara, sur la plage près de l’île des Femmes… une scéance de prise de vues.

Chiara, Martha et Letizia © Helen Doyle

Après ce moment passionnant et passionné, nous avons poursuivi notre tournage de quelques coins de la ville, Palerme, que le touriste trouvera sans doute trop pauvre, trop sale et polluée, surtout après la Toscane et ses paysages enchanteurs… Palerme que j’aime : le contraste, les paradoxes, le chaos est présent, toujours; la vie et la mort dans un seul coup d’oeil …et la résistance.

Palerme 2011 © Helen Doyle

Palerme 2011 © Helen Doyle

Sur la rue, Palerme 2011 © Helen Doyle

Palerme 2011 © Helen Doyle

Palerme la nuit © Helen Doyle

Palerme la nuit © Helen Doyle

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Bataille de Palerme (Battaglia di Palermo…)

Après tant et tant d’années, enfin, tournage avec Letizia Battaglia

Letizia et Pippo © Helen Doyle

Letizia nous  propose de l’accompagner à un évènement «spécial», Piazza Garafello à Palerme. Nous partons en repérage de cette place, où aura lieu, vers les 21h30, une soirée de poésie.

Nous parcourons les rues de Palerme…

Palermo 2011 © Helen Doyle

Détail, Palermo © Helen Doyle

À 21 heures, la place est déjà bondée. Nous assistons à la magnifique performance du violoncelliste Giovanni Sollima (ici dans la pénombre, photographié par Letizia)…

Piazza Garafello © Helen Doyle

Le lendemain avant-midi sera consacré à un entretien avec cette très chère Letizia…

Letizia Battaglia, Palermo 02-10-2011 © Helen Doyle

Drôle de synchronicité : il y a quelques jours, Alfredo Jaar était à Montréal pour présenter son film Les cendres de Pasolini, projection suivie d’une de ses extraordinaires conférences. Letizia me réservait aussi la surprise d’un court métrage sur Pasolini lors de l’évènement «La Bellezza e la Rovina»…

Mais pour le moment, nous devons nous concentrer sur nos rapporteurs d’images et Letizia me propose une rencontre riche et porteuse de sens. Elle m’aura aussi préparé quelques autres «surprises»!…

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Paolo Ventura à Anghiari

Rendez-vous avec Paolo Ventura à Anghiari.

Anghiari 2011 © Helen Doyle

J’ai rencontré Paolo Ventura pour la première fois à Milan il y a quelques années; il exposait son Winter Story dans une librairie spécialisée en livres de photos. Il y donnait aussi une conférence sur son travail précédent, War Souvenir, qui m’intrigua assez pour aller le voir à New York, où il vivait alors. Je me rappelle un tout petit studio où il réalisait ses maquettes en utilisant des GI-Joe en guise de personnages.

Paolo est maintenant de retour en Italie et nous avons pu tourner dans son studio, qu’il garde soigneusement à l’abri des regards, près d’Anghiari… Malheureusement, beaucoup de ses petits objets qui avaient retenu mon attention – et dont j’espérais me servir pour le film – étaient partis pour des expositions à New-York et à Venise, pour la fameuse Biennale.  Il ne reste en fait que quelques reliquats avec lesquels il nous faudra composer…

Studio de Paolo © Helen Doyle

Paolo me propose de découvrir son nouveau travail et d’explorer avec lui des nouveaux stratagèmes à partir de ses histoires. Tout ça stimule mon imagination…

Paolo Ventura, Anghiari 2011 © Helen Doyle

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Séra, peintre et bédéiste

Avant le départ pour l’Italie, nous effectuons un premier tournage, dans son atelier,
avec le Cambodgien Séra, de son vrai nom Phoussera Ing, auteur de bandes dessinées remarquables…

Natahlie et Séra © Helen Doyle

Séra dans son atelier © Helen Doyle

J’ai rencontré Séra il y a quelques années déjà, avec la complicité de Martine Dionne, de la Délégation du Québec à Paris, qui me mit en contact avec Soko Phay-Vakalis. Historienne d’art, Soko me parla de son Cambodge natal, du travail mémoriel et de Séra. Cette rencontre n’était pas sans me rappeler celle que j’ai eue avec les jeunes de Sarajevo: Jelena, Mahir, Ranko et les autres, comme, plus tard, ma rencontre avec Aset et Tamara… Jeunesses à qui on vole une partie de leur vie…

Pour Séra, ce sera la fuite du Cambodge à treize ans, laissant un père qui ne peut partir avec sa famille. L’exil, le déracinement… et la bande dessinée, comme une sorte de bouée pour éviter le naufrage… Mais la bande dessinée «pratiquée» par Séra est loin de ce qu’on entend par le terme anglais «Comic Stripe», qui me gêne beaucoup quand on parle du travail de  Séra sur l’histoire, la mémoire, les traces, et de son travail de peintre.

Chez Séra, palier © Helen Doyle

En tout cas, on pourra dire de nos tournage parisiens que les lieux nous obligent à quelques exercices acrobatiques et à une proximité qui fait qu’aujourd’hui, on est tous enrhumés.

Demain à l’aube, en route vers l’Italie : d’abord chez Paolo Ventura à Anghiari, en Toscane (eh! oui…); puis Palerme… et Letizia Battaglia! Andiamo!

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Nadia, Julian… et les autres

Avant Stanley Greene, nous avons croisé la route de Nadia Benchallal chez Contact Press Images, accueillis chaleureusement par Dominique Deschavanne et Tim Mapp… 

Dominique Deschavanne, Contact Press © Helen Doyle

On regarde des tirages de Nadia sur son travail en Algérie et en Bosnie…

Nadia © Nicole Giguère

Nous avons ensuite fait la rencontre du Colombien Julian Lineros, découvert durant l’exposition de Photoquai… Julian étant de passage à Paris, des amies très chères, Florence et Micheline, nous dépannent en nous offrant leur salon pour ce tournage. Julian, avec son téléphone intelligent, nous tourne à son tour, tout heureux de participer à ce projet; Flo sort sa petite caméra et tourne aussi; Nicole fait des photos de plateau; et moi-même, pour n’être pas en reste, je m’y mets… Vraiment Rapporteurs d’images!…

Flo 2011 © Helen Doyle

Nicole et Nathalie © Helen Doyle

Julian Lineros © Nicole Giguère

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Fenêtre sur Cour

Retour à Paris © Helen Doyle

Retour à Paris. Stanley Greene nous a donné rendez-vous à l’atelier Fenêtre sur cour.

Stanley, Fenêtre sur cour © Helen Doyle

Stanley fréquente ce lieu lorsqu’il est à Paris, car «Nathalie Lopparelli est la meilleure» nous confie-t-il. Oui, les tireurs d’images argentiques se font rares… Mais on interrompra un instant le travail de Nathalie qui connaît – et pratique – encore ce métier de l’ombre…

Nathalie Lopparelli © H. Doyle 

Nicole a fait parvenir  d’autres photographies du tournage à la production, qui se retrouvent sur la page Facebook de InformAction. Mais là, laissez-moi parler un peu de Stanley Greene

Stanley Greene ©Helen Doyle

J’ai rencontré Stanley il y a près de 10 ans, en 2002, à l’agence Vu à Paris, alors que je terminais le tournage de mon documentaire Les  messagers. Je devais  choisir des photos de Tchécthénie pour le film et j’avais été «foudroyée» par celles de Stanley. Patricia Morvan, la responsable des projets culturels, des expositions et éditions de l’agence, m’avait proposé de regarder des tonnes de tirages. Donc, munie de mes gants blancs, je regardais photographie après photographie de Stanley, ne sachant pas quoi choisir comme image de cette guerre, de cette vision apocalyptique du monde. En voyant ces images, je tremblais même pour Stanley qui, je le savais, avait dû se retrouver plus d’une fois dans la mire d’un sniper ou tout près d’une mine… Puis, Patricia m’a demandé si j’avais fait mon choix… Difficile… toutes ses photos sont tellement fortes. En fait, elle venait m’annoncer que l’auteur des photos passerait dans quelques  minutes à l’agence; je pourrais donc le rencontrer.

Quelle surprise de voir ce grand garçon noir qui avait l’air de sortir d’un club de jazz, joueur de trompette ou de saxo plutôt que ce gars qui parcourt le Caucase… Le voilà, avec sa voix douce et son accent newyorkais, un sourire magnifique et les mains bardées de bagues qui retiennent l’attention… Il m’a alors montré la maquette de son prochain livre Open Wound, Chechnya 1994 –2003… En voyant ses choix pour son bouquin, j’ai été rassurée sur les miens.

En 2008, c’est un Stanley malade que je retrouve à Perpignan… Maintenant à l’agence NOOR, il présente un travail assez «décoiffant» : La route de la soie – Along the Silk RoadRoad to Ruin.

À Visa pour l’image, chaque matin on propose des rencontres avec le public, pendant lesquelles les photographes prennent la parole; et je revois Stanley, malgré son air épuisé, en train de s’indigner, d’une indignation qui ne semble pas le lâcher… Parlant d’indignation, je viens de trouver quelques numéros de Polka Magazine et une entrevue de Jean Calvé sur Stanley… Tout cela confirme mon impression…

Je dois une fière chandelle à Patricia Morvan pour avoir eu la gentillesse de me présenter Stanley. Je lui suis aussi reconnaissante de prendre le temps, à chacun de mes passages à Paris, de casser une croûte avec moi dans un café près de l’agence. Puis, connaissant mon intérêt pour la photographie, elle me présente un photographe de passage, me prête un livre, m’indique une expo, un évènement… Merci mon amie Patricia.

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Dieppe, il pleut, il pleut… bergère

Après un tournage dans la Somme, nous voici à Dieppe.

L'équipe sous la pluie © Helen Doyle

Nicole à Dieppe © Helen Doyle

Toujours optimiste, Nicole Giguère me rassure : «Il va faire beau… ne t’inquiètes pas…»

Ma directrice photo, Nathalie Moliavko-Visotzky, se questionne sur la meilleure focale, car j’ai décidé que nous utiliserions des lentilles fixes au lieux d’un zoom, tout un exercice pour ce documentaire…

Bertrand, Olivier et Nathalie © Helen Doyle

Bertrand  Carrière se replonge dans ses souvenirs et profite de l’acalmie et de la belle lumière pour faire quelques photographies…

Bertrand à Dieppe © Helen Doyle

Tandis qu’Olivier Léger, le preneur de son,  jongle sur la prise de son des cailloux… et de la vague. Je lui demande de me trouver un rappel de sons de guerre…

 Et Raphaël Morinière, notre régisseur en France, fait tout pour faciliter notre tournage.

Je suis certaine qu’avec Nicole, ils iraient  jusqu’à souffler sur les nuages pour qu’il fasse beau demain…

Raphaël Morinière © Helen Doyle

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Péronne

Voilà l’équipe réunie au grand complet (ou presque…)

Péronne, l'équipe : Olivier, Nathalie, Raphaël, Nicole ...et Bertrand @ Helen Doyle

Nous rejoignons Bertrand Carrière pour son vernissage et le début du tournage de Rapporteurs d’images. Bertrand retrouve, pour un instant, son réflexe de photographe de plateau et nous fait une photo souvenir sur le parvis du château.

Affiche de l'exposition de Carrière © Helen Doyle

Premier tour de manivelle! © Helen Doyle

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Photoquai



Pendant que chez-nous se déroule le Mois de la photo de Montréal et le World Press Photo, nous explorons Photoquai, qui a lieu au Musée du quai Branly… à Paris, bien sûr. Demain nous prenons la route vers la Picardie et la Normandie, avec Bertrand Carrière





Photos Quai Branly © Helen Doyle, 2011

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Des rendez-vous parisiens (Repérages en terre d’images)

À la recherche d'un Taxi, Place de la République © Helen Doyle

Me voilà à Paris, à quelques jours du début du tournage de Rapporteurs d’images (titre de travail), longue quête qui commence officiellement à Visa pour l’image à Perpignan en 2008. Mais lorsque je creuse un peu, je sais qu’elle date de bien plus loin.

Déjà, en 1999, je me rendais pour une première fois à Perpignan et des questions commençaient à prendre forme. De toutes ces photos, pourquoi certaines reviennent-elles nous hanter et resurgissent sans cesse? Et soudain, on souhaite en voir d’autres du même auteur et en savoir plus sur celui ou celle qui les a prises. 
Cette question a traversé plus d’une décennie et une sérieuse révolution technologique : l’Internet, le tout numérique et, dans les dernières années, les médias sociaux, le téléphone intelligent (?) et toutes les autres choses qui nous attendent (que l’on attend ?) encore… et qui naissent, me semble-t-il, à la vitesse de l’éclair.

Comment s’y retrouver ? Je suis de la génération qui a été bouleversée par les photos du Vietnam, qui pensait qu’il fallait soutenir les objecteurs de consciences – les «draft dodgers» – et manifester contre cette guerre, bien que nous n’y soyons pas engagés ; et tout ça à cause, entre autres, de photographies marquantes devenues «iconiques». Je ne suis pas de la génération des Capa et Gerda Taro et j’ai été heureuse de les découvrir au Barbican à Londres en 2009. Mais elles m’ont marquée les images de Gilles Caron, de Don McCullin ou de Catherine Leroy ; celles aussi de Mary Ellen Mark (la découverte de la photo sociale), cette photographe qui a certainement joué dans mon intérêt pour le documentaire. J’avais été bouleversée par ses photos de Ward 81 et chavirée par Street Wise (les photos et le documentaire, qu’elle signe aussi).

Eh, oui ! je nomme bien des femmes… C’est qu’en fait, ce projet a commencé par une question qui me tarabustait en 1992, celle de la présence grandissante des femmes comme reporters photographes journalistes sur les fronts au début des années 90. Il y a eu Lee Miller, de la période 1940-1950; puis Oriana Fallaci – «La vie, la guerre et puis rien», sur la guerre au Vietnam; Christine Spengler et d’autres femmes qui m’ont marquée, certaines que j’ai pu croiser, avec qui nous avons échangé au début de la guerre en Bosnie, Janine di Giovanni, par exemple, et Alexandra Boulat, que j’ai été heureuse de rencontrer dans une librairie de Sarajevo en 2000.Hier, je retrouvais Séra Ing Phousera. Il y avait maintenant près deux ans que je l’avais rencontré pour ce film.

Je devais casser la glace, si on peut employer cette expression alors qu’il faisait autour de 30 degrés ici… Bien sûr, la glace a fondu immédiatement et ce fut de belle retrouvailles en vue du repérage et du tournage que nous ferons dans quelques jours.

Aujourd’hui, c’est Nadia Benchalal que j’ai revue par un temps irlandais : il pleuvait «cats and dogs». Avec Nadia c’est toujours comme si nous nous étions laissé la veille. On a commencé à penser tournage en attendant que Nicole Giguère, ma complice des premières heures, me rejoigne

À l’heure qu’il est, Nicole en pleine présentation de son dernier documentaire «On me prend pour une chinoise !», précédé ce dimanche par son «Alice aux pays des gros nez». Nicole a réalisé deux films émouvants et magnifiques en y apportant une réflexion sur l’adoption internationale – celle des petites chinoises en particulier – mais en nous présentant ce parcours de mère, de parents adoptifs et d’enfants adoptés, puis de jeunes femmes, en permettant à ceux que le sujet pourrait laisser indifférents, parce que non concernés, d’être intéressés du début à la fin par la présentation de ces jeunes filles, femmes en train d’éclore avec tout ce qui accompagne les hauts et les bas de l’adolescence. Je parle comme ça non seulement parce que c’est une fidèle complice, une camarade travail et une amie, mais parce que j’apprécie ce travail acharné pour mettre à l’écran, avec pudeur mais sans compromis, cette réalité… le rôle d’être parent dans une société chaotique dans laquelle on doit trouver un sens à nos actions…

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