Pasolini mon amour – Hommage à Letizia Batttaglia

COMME UN SÉNARIO

Extérieur, Jour. Palermo, 2016

Photo Helen Doyle © Tatouages de la mémoire

Revenir à la source de mon projet Sur les traces de Pasolini et de cette résidence d’artiste du CALQ à Monteverde (articles de 2011), après cette longue interruption.

Revenir ici même, à Palerme… J’avais en tête de reprendre le fil où ce projet pasolinien – resté en jachère – avait pris naissance.

Revenir sur mes pas me permettrait peut-être de retrouver le fil… des traces. J’avais en tête une question : que regarderait Pasolini aujourd’hui, qui sont les sans-voix, que se passe-t-il dans les périphéries de la périphérie?

J’ai revu Letizia pour lui parler de toute cette quête; parce que je savais que lorsqu’on disait le nom de Pasolini, son œil s’allumait, un sourire tendre parcourait son visage puis elle s’écriait : Pasolini je l’adorrrrrre… en roulant les r à la manière des tourterelles.

Sur un coin de rue à Palerme 2016 © Helen Doyle

Intérieur, jour, Longueuil. Août 2022

Julie Paquette, une de mes fidèles complices, chercheuse universitaire, me contacte à nouveau pour un événement, une suite au Cycle Pasolini pour les 100 ans de sa naissance.

Je lui avoue : PPP me mène toujours par le bout du nez…

Photo Julie paquette © 2015

Chère Julie,

Tu te souviens sans doute, tu m’as offert :Ali dagli Occhi Azzurri –je ne sais pas où tu avais pu obtenir cette édition – parce que je t’avais raconté mon premier contact, autour du 5 mars 2011 à Monteverde, avec un des personnages de Ragazze de Vita, Silvio Parello sur la scène du théâtre Vascello récitant Ali aux yeux d’azur.

Ali aux yeux d’azur, 

Fils parmi les fils…

(…) Ils seront

Avec lui des milliers d’hommes

(…) Ils débarqueront à Cretone ou à Palmi,

Des millions, en haillons…

Tandis que sur les plages de Cretone …hier, encore…

Au fil de ce long périple de la réalisation d’Au lendemain de l’Odyssée, voilà que pour moi, Ali est une fille, me dis-tu en riant!

C’est comme ça que Julie a résumé une partie de mon aventure cinématographique. Je relis ce passage de ses écrits :

« Ce n’est pas avec Salò que s’achève l’œuvre de Pasolini, même si plusieurs sont tentés d’y lire son testament. (…) Plutôt, il faut imaginer une caméra laissée à la fin de Téo-Kolossal, qui tourne un infini plan-séquence en direction du bassin méditerranéen. Pasolini détourne notre regard vers l’Orient-Afrique comme potentialité. Son œuvre rappelle à notre mémoire qu’accueillir l’autre bouleverse et détruit quelque chose en nous. Et si cette destruction avait aussi quelque chose de souhaitable? »

Flash-Back – Printemps 2018

Centre de la photographie Palerme

Alors je suis retournée dans ma boîte à souvenirs, en forme de disque dur, pour retrouver ce tournage improvisé avec Letizia que nous avions réalisé, Philippe Lavalette à la caméra et moi. En plein repérage, nous étions passés au Centre de la photographie pour lui donner des nouvelles de nos avancées pour Au lendemain de l’Odyssée

Photos Helen Doyle © Tatouages de la mémoire

« Si on parlait de Pasolini ? », lui ai-je dit. Elle s’assied et pendant 15 minutes, d’une seule traite, elle parle; elle parle de son amour pour Pasolini et de sa rencontre avec lui au début des années 1970… Puis, soudain, elle nous dit « Ça va, tu as assez! »… Ce n’était pas une question, mais voilà, Basta! Elle a terminé et doit retourner travailler à la prochaine exposition.

À distance, j’ai fait un premier montage avec Tahnee Drago, notre ingénieuse et généreuse assistante à Catane. (Tahnee fait partie de cette génération talentueuse touche-à-tout). Sans moyen et à court de temps, ce premier montage était encore un peu brut. Je livre tout de même cette ébauche à Julie pour son événement Riprese Reprises Retakes. En fait nous avons presque tout conservé du 15 minutes de l’entretien … à peine quelques coupes.

Depuis, petit à petit, grâce à l’aide de l’un et de l’autre, en ajoutant quelques archives et avec la complicité du centre d’archives Archivio Battaglia – géré par son neveu – j’ai peaufine le montage chez Prim, avec d’autres complices, de ce moment intime partagé avec cette grande dame, et qui est devenu Pasolini mon amour – Hommage à Letizia Battaglia.

Gli invicibile Pasolini © ARCHIVIO Letizia Battaglia

Un court métrage de Helen Doyle

Bien que les images soient en mouvement, c’est un arrêt sur image. Un retour dans le temps. Une photographie de Letizia, de son désir qu’on se souvienne de Pier Paolo Pasolini… et moi d’Elle, La Battaglia.

Noir & blanc, couleur
Durée : 12 minutes
Réalisation et montage : Helen Doyle

Production Tatouages de la mémoire © 2024

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Gli invicibile Pasolini

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About tatoumemo

Scénariste et réalisatrice de films documentaires, Helen Doyle vit au Québec, mais ses sujets l'amènent en divers lieux du monde. Avec son complice Germain Bonneau - qui collabore d'ailleurs à ce blog - elle produit certains de ses films à travers les Productions Tatouages de la mémoire A l’hiver 2011, Helen Doyle recoit, du CALQ, la bourse de résidence d’artiste à Rome, où elle travaille sur son projet : Appunti sur Pasolini, poète civil. En novembre 2012, elle termine, après un an de travail intense, son film "Dans un océan d'images, j'ai vu les tumultes du monde", qui s'est mérité troix prix Gémeaux et une Étoile* de la SCAM. Un coffret réunissant plusieurs de ses œuvres accompagné d'une monographie sur son travail, édité par Vidéo femmes/Spira et les Éditions du Remue-ménage, est maintenant disponible sous le titre "Helen Doyle, cinéaste : La liberté de voir". En 2018, Helen reçoit le prix "Barbara H. Greene" reconnaissant une documentariste émérite. Helen travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire intitulé "Au lendemain de l'odyssée", qu'elle produit et réalise, avec l'appui de la SODEC, de Téléfilm Canada et des conseils des arts du Québec et du Canada.
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