En ce 5 mars, comment ne pas souligner encore cette année l’anniversaire de Pier Paolo Pasolini et de ma très chère et regrettée Letizia Battaglia? Peut-être en vous faisant part de ce flash-back de mon passage à Palermo, 2016-2017.
En attendant de rendre public mon court-métrage à peine terminé :
Pasolini mon amour – Hommage à Letizia Battaglia
On me demande souvent comment mon projet de film Au lendemain de l’odyssée a pris naissance.
J’arrive à Palerme… À chaque fois je suis surprise par la présence de la mer et de se promontoires. La plupart du temps, les paysages autour des aéroports sont désolants; pas ici, à l’aéroport Falcone Borsellino. Évoquer ces noms c’est évoquer une période de terreur… une période en lien avec ma rencontre avec l’une des célèbres citoyennes de Palerme, Letizia Battaglia, la « photographe de l’antimafia ».
Letizia Battaglia, Toulouse, septembre 2016. Photo Helen Doyle © 2016
Je venais la saluer dans cette ville qu’elle m’a appris à aimer, sans doute parce qu’elle et ses proches y vivent. Et qu’au fil du temps, nous avions tissé des liens. Il en va souvent ainsi de nos voyages qui nous ramènent dans une ville, ce fil affectif…
J’arrivais de Rome où je venais de voir sa grande et impressionnante rétrospective, Per Pura Passion au Maxxi.
Notre toute première rencontre remonte à 1999 à Perpignan pour le grand événement consacré au photojournalisme Visa pour l’image. Ce n’est qu’une décennie plus tard que j’ai réussi à l’inviter à recueillir son témoignage – et quel témoignage! – à mon long métrage documentaire Dans un océan d’image, j’ai vu le tumulte du monde, sorti en 2014. Comme quoi en documentaire des gens, des faits, des images nous habitent et s’associent dans le temps ou rejoignent nos quêtes. J’ai souvent écrit dans ce blogue sur ce monument d’humanité.
Helen Doyle (debout à gauche), Nathalie Moliavko-Visotzki (assise), Giovanni Sollima au violoncelle
La poesia e la ravina – Poeti al Garraffello. 2018.
Image fournie par Patrizia Stagnita, fille de Letizia.
En novembre 2017, Letizia fonde et dirige le Centre international de la photographie de Palerme. À sa disparition en avril 2022. Le CCIPP prendra son nom.
Sa toute première exposition : Io sono persona…
Photo © Helen Doyle
Retour dans le temps
Je remarque depuis des années en Europe la présence de garçons de plus en plus jeunes… et dont j’observe la solitude. Et je découvre l’arrivée massive de mineurs non accompagnés.
Et c’est à ce moment qu’on me dirige vers l’École des langues de Palerme qui travaille concrètement avec ces jeunes garçons sur un projet nommé Chi arriva. Chi accoglie. Odisseo arriving Alone. Je suis complétement éblouie par ce travail qui implique toute la communauté et une vision englobante.
Mais bientôt, mon passé chez Vidéo Femmes m’amène naturellement à me demander : «Où sont les filles?»
La réponse me bouleverse… et je sais que je ne pourrai échapper à ce que je vais découvrir….
En 2021 – des observations alarmantes.
« Plus de 10 000 jeunes ont atteint l’Italie sur des embarcations de fortune en un an. Un rapport du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’inquiète de « l’absence de programmes et de services de protection » à destination de ce public vulnérable.
« Ils sont exactement 13 023 jeunes migrants de moins de 18 ans, la plupart originaires d’Afrique de l’Ouest, du Nord et subsaharienne, à avoir atteint les côtes de l’Italie après une traversée par la mer, sur toute l’année 2021. La grande majorité d’entre eux, soit 10 053, étaient des mineurs non accompagnés. » [1]
[1] Info Migrants. Publié le 06/05/2022




Magnifique photo ton solitaire à contre-jour, très évocatrice. Bises Jean
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