J’ai pris le bus 38 ; pendant un instant, en passant près de la rue de la Fidélité, j’ai pensé à mon amie Louise Desbrusses ; après Berlin, la voilà installée dans le sud de la France…
Puis, rue des Petites Écuries, j’ai eu un pincement au cœur, un gros… Le sourire chaleureux de Marie-Thé, mon amie grecque, me manque. Je lui aurais demandé de m’accompagner ; et je sais que cela aurait plu à mes copines Louise et Marie-Thé, cette sortie pour la première de Femmes en Cinéma.
Arrivée dans le 5e, en descendant rue des Écoles, un autre souvenir m’envahit : celui de ma rencontre avec Caroline Laure, sa fille Maya et le chien Peyotl… Caroline qui m’avait offert l’hospitalité, comme Marie-Thé et Louise lors de mes passages à Paris avec mes films sous le bras dans ce quartier. J’ai retrouvé, il n’y a pas longtemps, le CV de réalisatrice de Caroline et des photos de tournage d’un cirque un peu ric-rac ; une même famille, peut-être des Roms ; un tournage en Italie où elle a étudié le cinéma. On me l’avait présentée car elle était aussi directrice photo et c’était rarissime à l’époque.
D’ailleurs moi-même, je me souviens du jour où j’ai voulu prendre la caméra et qu’on m’a dit, comme à une pauvre petite chose, que l’Éclair avec son magasin chargé serait trop lourde pour mes frêles épaules… Je me rappelle avoir répondu : « Vous avez déjà vu une mère de famille avec un enfant dans les bras, tenant la poussette d’une main, les courses dans l’autre, et l’autre enfant, un peu plus grand, accroché à ses basques ? Ils prennent le bus et tandis qu’elle cherche les tickets, le plus petit se met à ruer et à crier dans ses oreilles. Et bien cette Éclair ou cette Aaton qui se déposent comme un chat ronronnant sur l’épaule de son opérateur, elle ne crie pas, elle ne donne pas des coups de pied dans les côtes et personne ne hurle …sauf le réalisateur, la réalisatrice qui criera tout à l’heure : Moteur ! »
Caroline, j’aimerais pouvoir te dire que lors de mes recherches en Italie, j’ai fait la rencontre du cinéaste et producteur Gian Vittorio Baldi. Chez-lui, j’ai retrouvé la photo d’une femme de dos. Je t’ai reconnue à ta longue tresse qui te descendait jusqu’aux fesses… J’ai demandé à Baldi si c’était toi sur la photo. Avec son sourire de chat il me l’a confirmé : « Oui, oui, comment connais-tu Caroline ? »
Ce soir du 16 mars, je rejoins le cinéma… en me disant que grâce à quelques camarades de cinéma plus ouverts – Georges, Pierre et Alain – j’ai appris à enfiler les « culottes de sœur » et à charger la caméra de pellicule… Dire qu’aujourd’hui, il suffit d’un clic et d’une toute petite carte à puces…
Et j’entre au cinéma en heureuse spectatrice pour la soirée d’ouverture de Femmes en cinéma… Florence Bebon, directrice de ce jeune festival, y présente ses coups de cœur.
En revenant, encore par le bus 38, je croise une dame, Suzie; elle sortait du cinéma en même temps que moi. Nous faisons le trajet vers la Gare de l’Est en causant… cinéma.
Je tiens à remercier le Conseil des arts de Longueuil (CAL) pour avoir contribué à défrayer une partie des coûts de ce voyage.
NDLR : À part les deux photos de Femmes en cinéma, les autres photos ont été glanées sur Google.






