
Mot de la réalisatrice
L’œuvre de Danielle Marie Chanut est singulière et, disons-le, inclassable. Le titre de ce court-métrage poétique est inspiré par l’une de ses œuvres.

Pour moi, Danielle Marie est une sorte de Fanfreluche – héroïne de mon enfance à la télévision québécoise de la fin des années 1960 – qui nous invite à pénétrer avec elle dans le livre de contes de fées et qui chamboule tous les rôles classiques de la princesse ou de la petite fille laide et sotte. Mais si Danielle Marie aborde le monde de l’imaginaire et de l’enfance, elle ne craint pas de se frotter au monde des grands dans des œuvres aux titres révélateurs comme autant de clefs pour pénétrer son univers : « Ce livre travaille du chapeau », « Ne cherchez pas mon cœur : les bêtes l’ont mangé (Baudelaire) », « Je suis le chat qui s’en va tout seul » ou « Dans les petits coquillages roses il écoutait la mère ». On trouve là quelque chose de léger et de grave à la fois.
L’Artiste dans son for intérieur porte bien le poids de la vie, de ses joies mais aussi de ses souffrances, de ses rêves et de ses désillusions. Dans ses objets/livres détournés – qui peuvent paraître inoffensifs – la mort et la vie se côtoient… Si on prend le temps d’explorer et de plonger dans la matière et dans les interstices de ses livres, si on prend le temps de lire entre les lignes, que trouve-t-on des traces et des cicatrices de sa vie ?
J’ai pensé qu’il serait intéressant d’ajouter un complément à cette invitation au voyage ; j’ai ainsi réalisé un court document qui reflète aussi mon rapport à cette créatrice devenue amie et que je me plais à visiter chaque fois que je suis de passage à Paris. Dans ce document, librement disponible sur Viméo, je vous donne rendez-vous à L’atelier des chimères pour y découvrir ses dernières créations…
