En ce jour pluvieux de février 2018, mon arrivée à Palerme est aussi marquée par un vernissage à la Galerie Nuvole qui offre une rétrospective des artistes qui ont exposé dans ce lieu depuis 10 ans. Là aussi, différentes écritures me permettent d’apprécier une variété d’artistes palermitains.
Comme tout est dans tout, en fait, c’est aussi Patrizia, la fille de Letizia, qui m’a conseillé cette galerie; elle a aussi favorisé ma rencontre avec Raffaella de Pasquale qui règne avec une grande finesse sur ce petit royaume, tout petit mais charmant. Raffaella me montre une des photos de mon amie, de la série Les invisibles, celle de madame Rosa Parks.
Raffaella sait bien me conseiller les expos à voir, et malgré toutes mes occupations, les rendez-vous et la pluie qui ne cesse pas, j’arrive à en voir deux, captivantes et enrichissantes dans le quartier du vieux Palerme.
C’est ainsi que je me retrouve au Palazzo Belmonte Riso, situé en face de la petite piazza Bologna, que j’ai traversée en 2010 lors de ma première visite à Palerme justement pour y rencontrer Letizia. Elle m’avait dit : « Si tu ne viens à pas à Palerme, tu ne comprendras jamais ma photographie ». Et elle avait bien raison, Letizia, quand je vois la photo en couverture d’un de ses nombreux albums photos (publié chez Aperture), celle de Rosaria Schifani. (Voir l’article de Enki Dou : Mes deux Siciles.)
« Rosaria Schifani est la jeune veuve de l’agent Vito Schifani, assassiné le 23 mai 1982 par la Mafia sicilienne en même temps que le juge Giovanni Falcone, membre du « pool » antimafia de Palerme, son épouse et deux autres gardes du corps. »
Eh oui! au cœur de ce vieux Palerme, il y a des monuments incontournables d’une richesse inouïe et la grande pauvreté, avec ses blessures béantes offertes à la vie.
En 2010, le Palazzio Belmonte Riso – qui conjugue la magnificence du baroque et la rigueur néo-classique – résistait tristement à la décrépitude. J’avais eu la chance de me faire conseiller par mon amie Louise Desbrusse une jeune femme, Malika Akbi, qui m’avait servi de guide lors de mon premier passage à Palerme en 2010.
Là c’est autre chose : au rez-de-chaussée, donnant sur la piazza, un sympathique café et, au premier étage, une très belle exposition qui combine art contemporain et régional.
Mais c’est le dernier étage, avec ce choix de montrer ou d’intégrer la restauration, qui me charme et que je trouve brillantissime.




















