En avril 2017, mon séjour à Rome avait commencé par une visite au MAXXI pour y voir la grande rétrospective de Letizia Battaglia. Comme un clin d’œil, quatre photos de Pasolini – parmi les premières qu’elle a prises au début de sa carrière de journaliste à Milan en 1972 – ouvrent l’exposition, et une autre, encore de lui, la clôt. Le contraste marqué sur le visage de Pasolini nous rappelle qu’il a toujours été déchiré entre l’ombre et la lumière.
Et me voilà à Palerme, en février 2018, cette fois, après une pluie battante.
Je me dirige vers le complexe culturel de la Zisa (Cantieri Culturali della Zisa), à deux pas de l’Institut français, un peu perdue dans le labyrinthe de cette ancienne zone industrielle.

Centro internazionale di fotografia, Palermo © Helen Doyle 2018
Je me retrouve après quelques hésitations à la porte du Centro internazionale di fotografia que Letizia a inauguré à l’automne 2017 avec une exposition autour des Migrants.
Je suis si heureuse de pouvoir enfin visiter ce lieu qui lui tient tant à cœur et de découvrir sa deuxième exposition Donne Fotografano – Femmes photographiant les femmes.
Je suis heureuse de retrouver des femmes photographes qui ont marqué mon parcours de documentariste, avec Letizia, bien sûr, mais je retrouve aussi Susan Meiselas, Mary Ellen Mark et bien d’autres présentes dans ce vaste espace. Je reconnais bien là ma charmante amie à avec ces choix…
Et ce n’est pas fini : les yeux brillants, elle me propose de la suivre pour me montrer ce qu’elle appelle Segreto, une autre grande pièce où elle expose ses coups de cœur et ses découvertes… Voilà, l’œil de madame Battaglia est éclectique; et que de talents réunis ici!
Une autre surprise m’attendait : sa délicieuse petite-fille Marta, «sa petite muse », comme l’appelle. Elles s’amusent à poser pour moi…
(Je ne peux faire autrement que de penser au père de Marta, le violoncelliste Giovanni Sollima, qui nous a permis d’utiliser sa musique comme illustration sonore de mon vidéo L’artiste dans son for intérieur, à partir des oeuvres de Danielle Marie Chanut).
Letizia me montre aussi un néon qu’elle a fait faire et qui trône comme un pied de nez à l’entrée de son bureau : Picchi idda? Cette expression en dialecte sicilien est presque intraduisible; mais selon notre amie Maria Cristina Delli Fiori, cela pourrait signifier : « Pourquoi elle? »

À suivre, tout ça… évidemment!






