Aude et… Cet imperceptible mouvement…

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Fenêtre Bologne © Helen Doyle

Je consacre mon été à la relecture des nouvelles et des romans de ma chère Aude, écrivaine dont j’ai déjà parlé. J’ai pris dans ma bibliothèque son recueil de nouvelles Cet imperceptible mouvement, qui s’est vu décerner le Prix du Gouverneur général du Canada en 1997.

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Bologne © Helen Doyle

Aude avait choisi de mettre en exergue ces mots de Paul Guimard :

Si le malheur s’impose avec évidence et brutalité, il faut une attention en éveil pour apprendre ne fût-ce que les reflets du bonheur.

Puis, en prenant le livre, deux cartons se sont envolés des pages, comme des oiseaux qu’on aurait libérés de leur cage…

Un des cartons est une invitation au lancement, à la librairie Pantoute, d’un autre de ses recueils de nouvelles : Banc de brume.

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Fillette, Florence © Helen Doyle

L’autre papillon est une jolie carte avec un mot de ma chère Aude datant du 11 juillet 1998. Je sais qu’elle a pris le temps de choisir, avec une extrême minutie, l’image de ces deux petites filles et d’un chien : j’en avais un semblable… Elles prennent le thé. Ce qui me rappelle notre rituel de chaque été autour de nos anniversaires, un rendez-vous…

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Aude : Carte pour Helen, 11-07-1998

Sur la jaquette, à l’endos de Cet imperceptible mouvement, un peu détaché du reste de la présentation, je lis…

Tout est dans l’œil

Mais il faut parfois du temps pour percevoir,

au creux des petites morts quotidiennes,

cet imperceptible mouvement qu’on appelle la vie.

Oui, au cœur de l’été, avec le départ de personnes chères comme l’a été Aude pour moi – et Marie-Thé – et des proches aux prises avec la maladie, on cherche des réponses à l’absurdité et à l’indicible.

Toujours sur la jaquette, une invitation à vous, lecteurs lectrices qui ne connaissez pas Aude, à la lire chez XYZ et chez Lévesque éditeurs.

« Le soleil descend doucement sur le fleuve et remplit la demeure ocre et safran. Justine fait rouler une mandarine entre ses paumes. L’épaule appuyée au chambranle de la porte fenêtre, elle observe un vol tardif d’outardes qui s’en vont vers le nord. L’Adagio de Mozart qu’elle écoute lui parvient à travers les cris nasillards des grandes oies. De l’ongle, elle perce la peau de l’agrume qui répand aussitôt son arôme. »

 Les mots de Aude me ramènent à la chanson Suzanne de Cohen.

“Suzanne takes you down to her place near the river

You can hear the boats go by, you can spend the night forever

And you know that she’s half-crazy but that’s why you want to be there

And she feeds you tea and oranges that come all the way from China.”

Les mots de Aude sont des tableaux qui me font voyager, au-dehors comme au-dedans.

Les mots de Aude sont ma « Suzanne » à moi…

“And she shows you where to look among the garbage and the flowers

There are heroes in the seaweed, there are children in the morning

They are leaning out for love and they wil lean that way forever

While Suzanne holds her mirror

And you want to travel with her, and you want to travel blind

And you know that you can trust her

For she’s touched your perfect body with her mind.”

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Rome, Villa Sciarra © Helen Doyle

…Aude toujours…

« Il faut consentir à l’éphémère, comme un artiste qui dessinerait longuement sur le sable, à marée basse, ses œuvres les plus sublimes que la marée montante lécherait ensuite lentement.  De ma fenêtre, je regarde la rivière et je la trouve de nouveau belle. Et cela est plus que suffisant pour que je consente à vivre une heure de plus… » (Aude, Vases communicants, p. 95)

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Rome. Statue, Villa Sciarra © Helen Doyle

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About tatoumemo

Scénariste et réalisatrice de films documentaires, Helen Doyle vit au Québec, mais ses sujets l'amènent en divers lieux du monde. Avec son complice Germain Bonneau - qui collabore d'ailleurs à ce blog - elle produit certains de ses films à travers les Productions Tatouages de la mémoire A l’hiver 2011, Helen Doyle recoit, du CALQ, la bourse de résidence d’artiste à Rome, où elle travaille sur son projet : Appunti sur Pasolini, poète civil. En novembre 2012, elle termine, après un an de travail intense, son film "Dans un océan d'images, j'ai vu les tumultes du monde", qui s'est mérité troix prix Gémeaux et une Étoile* de la SCAM. Un coffret réunissant plusieurs de ses œuvres accompagné d'une monographie sur son travail, édité par Vidéo femmes/Spira et les Éditions du Remue-ménage, est maintenant disponible sous le titre "Helen Doyle, cinéaste : La liberté de voir". En 2018, Helen reçoit le prix "Barbara H. Greene" reconnaissant une documentariste émérite. Helen travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire intitulé "Au lendemain de l'odyssée", qu'elle produit et réalise, avec l'appui de la SODEC, de Téléfilm Canada et des conseils des arts du Québec et du Canada.
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