Des Messagers à Pasolini

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En présentant le compositeur écossais Nigel Osborne en février dernier lors des ateliers de Au pays du grand ciel, j’ai parlé du moment où j’ai fait sa rencontre pour mon documentaire Les messagers.

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Côte d’Écosse, tournage Les messagers © Helen Doyle

Nous avions suivi Nigel des côtes de l’Écosse jusqu’à Sarajevo, en passant par Mostar…

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Mostar, tournage les messagers © Helen Doyle

Et Nigel venait de nous entretenir du choc du retour des zones de conflits à notre société de consommation…

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Edimbourg, 400 stations © Helen Doyle

À Edimbourg, nous avons tourné une scène un peu folle pour illustrer l’abondance… C’était le début des cafés Internet et dans celui-là, il y avait 400 écrans disponibles et c’était plein à craquer.

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Équipe Edimbourg © Helen Doyle

De beaux souvenirs de tournage, intenses mais aussi agréables et nourris de beaux échanges : Diane Carrière au son, Doris Lapierre, qui m’assiste et qui porte de nombreux autres chapeaux, Philippe Lavalette, directeur photo, et son fils Manu qui fait ses premières armes… La réalisation de nos documentaires se fait en général en petite équipe. C’est un peu la famille.

Et justement, cette semaine, je recevais de Philippe Lavalette une superbe photo de lui avec Ernest Pignon-Ernest, aussi dans Les Messagers.

La photo a été prise à Rome par Manon Barbeau, la cinéaste et compagne de Philippe, près du cinéma de Nanni Morrreti dans le Trastevere!

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Lavalette, Pasolini, Pignon-Ernest © Manon Barbeau 2015

La photo était accompagnée d’un joli mot de Philippe…

«C’était assez hallucinant parce que j’ai d’abord vu cette affiche encore toute fraîche sur le mur ocre. J’ai vu Pasolini et j’ai ensuite accroché le visage d’Ernest, accroupi, en train de ranger ses pots de colle. Moi qui ne suis guère physionomiste, j’ai lancé un «Salut Ernest!». Manon n’en est pas revenue!  Et lui m’a reconnu aussi, devant ce cinéma de quartier acheté par Moretti. À propos de Pasolini, je me souviens que tu avais ce projet sur le documentariste… Te connaissant, ce film verra le jour j’en suis sûr et alors… ne m’oublies pas! Toujours Pasolini, nous avons pris un aperitivo dans le quartier de Pigneto où il a tourné Accatone

C’est un beau cadeau! Merci Philippe, Manon et Ernest, et qui arrive juste avant le lancement de La liberté de voir

Ernest est justement un bel exemple de cette Liberté de Voir

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Ernest dans son atelier – tournage Les messagers © Helen Doyle

Lorsque j’ai vu le dessin d’Ernest sur la photo de Philippe, je me suis rappelée ce magnifique dessin qu’Ernest venait de faire pour une campagne contre le sida en Afrique du Sud  et que nous avions tourné dans son atelier de Paris.

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Afrique du Sud © Ernest Pignon-Ernest

Je me suis demandée, en examinant la photo, qui Pasolini tenait dans ses bras. Car Ernest, pour cette campagne contre le Sida, avait revisité une photo emblématique prise par Sam Nzima lors d’une manifestation contre l’apartheid. On y voit Hector Peterson, jeune étudiant de 13 ans, qui vient d’être touché à mort, transporté par un autre étudiant.

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Sur le site Écrits corsaires

Ici, Pasolini tient Pasolini. Troublant! Ernest a toujours l’oeil juste et percutant.

Pour avoir vu des croquis et encore des croquis, je sais le temps qu’il met à trouver la forme et puis les lieux où il collera ses dessins; c’est un énorme travail de repérage qu’il fait avec grand soin.

Ernest qui aborde Pasolini pour une seconde fois; Pasolini «engagé-dégagé»…

J’aimerais beaucoup me balader avec Ernest et l’aider à coller ou simplement transporter ses rouleaux et en savoir plus sur le chemin parcouru dans son esprit pour Pasolini.

Julie Paquette, animatrice du Cycle Pasolini, vient de m’envoyer une photo montrant le dessin d’Ernest déchiré… Il y a tant de choses sur nos murs qui sont pures «niaiseries»; pourquoi détruire ce qui est signifiant?

 Pourquoi suis-je si troublée par cet acte gratuit… ou pas?

Que révèle-t-il?

Quel lecture en faire?…

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About tatoumemo

Scénariste et réalisatrice de films documentaires, Helen Doyle vit au Québec, mais ses sujets l'amènent en divers lieux du monde. Avec son complice Germain Bonneau - qui collabore d'ailleurs à ce blog - elle produit certains de ses films à travers les Productions Tatouages de la mémoire A l’hiver 2011, Helen Doyle recoit, du CALQ, la bourse de résidence d’artiste à Rome, où elle travaille sur son projet : Appunti sur Pasolini, poète civil. En novembre 2012, elle termine, après un an de travail intense, son film "Dans un océan d'images, j'ai vu les tumultes du monde", qui s'est mérité troix prix Gémeaux et une Étoile* de la SCAM. Un coffret réunissant plusieurs de ses œuvres accompagné d'une monographie sur son travail, édité par Vidéo femmes/Spira et les Éditions du Remue-ménage, est maintenant disponible sous le titre "Helen Doyle, cinéaste : La liberté de voir". En 2018, Helen reçoit le prix "Barbara H. Greene" reconnaissant une documentariste émérite. Helen travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire intitulé "Au lendemain de l'odyssée", qu'elle produit et réalise, avec l'appui de la SODEC, de Téléfilm Canada et des conseils des arts du Québec et du Canada.
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