«Ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes.» Rosa Luxemburg
Aujourd’hui, me rappelle un ami, c’est l’anniversaire de l’assassinat de Rosa Luxemburg.
Le 15 janvier 1919, elle venait de sortir de prison après quatre ans de détention dont une grande partie sans jugement.
Le 7 octobre 1915 , elle écrivait «Qu’il ne vous arrive surtout pas ce qu’il m’est arrivé quand j’ai essayé en vain d’imiter le cri des oies. Imaginez-vous qu’ici, dans le voisinage, il y a quelque part une oie, je veux dire une vraie oie avec des plumes. Elle crie parfois, ce qui m’enchante; cela se produit, hélas! trop peu souvent. Savez-vous pourquoi j’aime tant cela? Je viens de le découvrir : le caquetage des poules ou le coin-coin des canards ont les accents authentiquement maternels et soucieux d’animaux domestiqués depuis longtemps. Mais le cri de l’oie évoque encore tout à fait l’oiseau sauvage, non apprivoisé, qui émigre en hiver vers le sud; il fait songer au vol orgueilleux, à l’appel amoureux par-delà de lointaines distances… En vérité, quand j’entends ce cri inarticulé de l’oie, quelque chose en moi tressaille de nostalgie — la nostalgie de quoi? Tout simplement des horizons lointains du monde. Sacredieu, par tous les diables! que ne puis-je moi aussi voler, loin, loin d’ici, aussi loin qu’une oie sauvage!» (Rosa Luxemburg, Lettres de prison)

