« … Ali aux yeux d’azur,
Fils parmi les fils
Descendra d’Alger par navire
à voile et à rame. Ils seront
Avec lui des milliers d’hommes
Aux petits corps et aux yeux
De pauvres chiens des pères
Sur des bateaux lancés vers le Royaume de la Gloire. »
Pier Paolo Pasolini, Alì dagli occhi azzurri
Tout comme mon amie Julie, «initiatrice» du Cycle Pasolini, et qui m’a si gentiment offert une édition rare de Ali dagli occhi azzuri, les mots du poète surgissent en voyant, une fois de plus, aux actualités, les bateaux fantômes, les bateaux «poubelles» avec tous ces gens en train de fuir…la guerre.
Je me rappelle les nombreux reportages, lorsque je vivais à Rome, qui les montraient, les «clandestins», venant de Tunisie et arrivant sur l’île de Lampedusa; et aujourd’hui… ils arrivent de la Syrie.
Un passage du très beau roman La tentation d’Antoine du grand reporter Jean-Paul Mari se greffe à ces images. Antoine, grand reporter, tente de retrouver sa mémoire et il se retrouve en Italie où il fait la rencontre du rescapé Solomon : «Il avait le regard d’un humain qui a embrassé la mort à pleine bouche.»
Ce livre de Jean-Paul Mari est magnifique! À lire pour ceux qui veulent poursuivre la réflexion sur le journalisme, la mémoire et les tumultes du monde. Antoine finira sa quête, ou presque, en se rendant sur les plages de Sabaudia visiter la villa de l’écrivain Alberto Moravia qu’il partageait avec son ami Pasolini…
C’est sur cette plage de Sabaudia qu’il tient ses propos: «Je suis convaincu que le vrai fascisme est ce que les sociologues ont trop gentiment nommé la société de consommation».



Pasolini résonne.
Grand homme.
et ces histoires aux marges de Lampedusa…
je prends bonne note de ce livre de Mari…
à suivre.
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