Michel Brault nous a quitté… un des grands de notre cinéma québécois… En présentant le film à ExCentris, dimanche dernier, je lui dédié la projection. Dans la journée, j’avais appris qu’il avait demandé une copie de Dans un océan d’images. Il n’aura pas eu le temps de le voir; dommage, j’aurais vraiment aimé entendre ses commentaires, lui, si attaché à la photographie, à l’image, à la lumière, celle qui éclaire tout, mais aussi celle qui émane des êtres…
Fidèle comparse depuis nos premières armes, Nicole Giguère était présente et ce même dimanche, elle faisait circuler ce message «Un mot pour vous inviter à nouveau à aller voir Dans un océan d’images, le film de mon amie et collègue Helen Doyle. À l’affiche présentement à Montréal (ExCentris) et à Québec (Cinéma Le Clap), on le gardera en salles s’il y a du public cette semaine! Hâtez-vous! La qualité de projection à l’ExCentris est exceptionnelle, ce qui rend encore plus justice aux images superbes et troublantes de ce film important. Un avant-goût avec ce topo de Claude Deschênes au printemps dernier au TJ de Radio-Canada en mars dernier quand le film a été lancé au FIFA!»
Je ne sais pas si Nicole s’est souvenue de notre rencontre à l’ONF avec Michel Brault. Nous entreprenions le tournage de notre film, le docu-drama C’est pas le pays de merveilles dont nous étions co-scénariste et co-réalisatrice. Nous voulions une production entièrement réalisée en région, ce qui nous valu de travailler avec des comédiens et des artisans pas encore connus …qui ont fini cependant par faire leurs marques dans notre paysage cinématographique. Nos braves producteurs Fernand Dansereau et Pauline Geoffrion jugeaient qu’une rencontre avec Michel Brault s’imposait, surtout qu’en plus de partager l’écriture et la direction, nous allions signer, après un apprentissage avec la vidéo 1/2 pouce noir et blanc, un film 16mm couleur… sur un sujet pas facile, la folie («La folie ordinaire», comme le titrait l’article de Chantal Sauriol dans La vie en rose en 1981). Et puis on avait cette idée de mélange des genres, passant du documentaire à des scènes de fiction et même, à quelques passages «flyés» où notre folle Alice faisait la rencontre de la vraie Alice (jouée par Léo Munger) sur un jeu d’échecs. Alice devait traverser toutes les cases pour faire l’apprentissage des rôles allant de la petite fille modèle à celui de la Chevalière de la poussière (Marie-Ginette Gay). Elle faisait la rencontre du Lapin (Yves Jacques, qui s’en souvient encore!), qui lui proposait des poudres de perlin-pinpin afin de rester jeune et belle pour plaire au Roi (Rémi Girard!), pour être désirée et enfin devenir la reine de coeur…
Ouais! Proposer à lire un tel scénario à celui qui était le maître du cinéma direct… plutôt intimidant. Ce jour-là à l’ONF où nous avions rendez-vous, Michel avait, lui, rendez-vous avec le grand cinéaste italien Antonioni! Ironie du sort, ce dernier expérimentait la vidéo et venait parler de ses expérimentations à Michel; et nous, nous étions si fières de lâcher la vidéo et de réaliser enfin un «vrai» film en 16mm…

-•-
-•-
-•-
-•-
-•-
-•-
Et comme «toute est dans toute», voilà que j’ai le souvenir de ma rencontre avec Gian Vittorio Baldi (eh, oui! le dernier producteur de pasolini) et du trop court échange que nous avons eu à propos de ses liens avec le Québec : tout à coup a surgi le nom de Michel Brault et le film La fleur de l’âge, qui date de… 1964! Il s’agissait d’un film en quatre épisodes présentant des adolescentes choisies parmi les plus représentatives de leur pays et de notre temps, en Italie, en France, au Japon et au Canada. Coproduit par l’ONF, ces quatre portraits d’adolescentes ont été réalisés, entre autres, par Baldi, pour l’Italie, et par Michel Brault, pour le Canada (avec Geneviève Bujold)…
•••
La vie continue… Dans quelques jours, j’aurai le bonheur de présenter Dans un océan d’images à Londres. Le titre de la version anglaise est quelque peu différent : Framewoks – Images of a Changing World…
«Helen Doyle’s FRAMEWORKS, Best Canadian Film at the International Festival of Films on Art 2013, will show at the Institute of Contemporary Arts in London on Saturday September 28th at 5pm.»
(Excerpts: https://vimeo.com/73862901 and https://vimeo.com/73862900)
Je suis bien contente que nous ayons réussi à rattraper le compositeur de la musique Nigel Osborne qui a toujours de nombreux projets et qui va par monts et par vaux. Il sera là pour célébrer avec moi et la productrice Nathalie Barton cette projection spéciale.
•••
Prise par la sortie de mon film, j’ai bien peur de manquer l’exposition de mon amie Johanne Fournier à Matane : Boîtes de mon père # 1 à 22
•••
Je vous laisse sur ce petit message d’un photographe dont j’apprécie beaucoup le travail, et qu’il faut soutenir, François Pesant.





Merci, chère «rapporteuse d’images» pour le lien à mon expo.
Que de souvenirs tu ramènes là avec ce retour «C’est pas le pays des merveilles» , le beau grand jeu d’échec sur la scène, je m’en souviens bien, avec tous ces talents de Québec. Un beau moment. Bon voyage avec ton océan d’images!
J’aimeJ’aime