Dehors il fait nuit et tempête, une belle bordée de février.
J’ai mis quelques semaines à me remettre du décalage après l’Asie…
Heureuse de revenir à la table de montage et de prendre connaissance du matériel tourné à Phnom Penh, New Delhi et Bangkok… Revoir Séra, Lana et Philip…
Tout à coup une impression de …réalité.
En même temps, des informations tombent : une exposition de Don McCullin à Londres – Don McCullin, un des plus grand photographes de conflits. D’autres journalistes tués. Puis le World Press Photo qui dévoile ses gagnants pour 2011. Et encore, cette nouvelle qu’on peut tous devenir des Cartier-Bresson avec des logiciels… tu m’en diras tant!!!
À regarder le travail de McCullin et à l’écouter dans différentes entrevues, on est bouleversé… et on comprend que ce n’est pas l’outil mais bien la personne derrière de la caméra qui fait toute la différence. Ben oui! on est dans des changements technologiques; oui, nous pouvons tous appuyer sur un bouton et faire clic! puis mettre tout cela en ligne. «Je», «Je» et encore «Je»… Mon chat, mon chien, moi, moi et ma tarte, moi… Oui, des signes pour crier qu’on existe!… Sommes-nous si angoissés devant la mort?… Et McCullin qui dit «Eux», «Eux» et encore «Eux»… Il y a un prix à payer. Et l’homme derrière la caméra le sait; il le sait trop bien, lui qui ne photographie plus aujourd’hui que des paysages. Mais curieusement, ses paysages ont des parfums d’humanité. Qu’est-ce que je donnerais pour voir l’exposition de ce grand maître? (Les expositions, devrais-je dire, puisqu’il y en a deux en même temps à Londres actuellement)…

