Philip Blenkinsop – Anglo-australien d’origine – est installé à Bangkok depuis plus de vingt ans. Philip a développé une écriture photographique très personnelle. Du Laos aux guérillas du Timor Oriental, il fait le portrait d’une Asie violente et contrastée. Également célèbre pour ses reportages sur les violences ethniques de l’île de Kalimantan ou sur la rébellion musulmane du sud de la Thaïlande, son travail sur les Hmongs, intitulé Laos, la guerre secrète, impose un très grand respect. Profondément humain malgré la crudité de ses photographies, il rend compte du chaos de l’Asie. (réf. : Événement.fr)
C’est le nouvel an chinois et l’année du Dragon. Philip nous a donné rendez-vous à son studio, 2Snakes, situé dans le quartier chinois de Bangkok. Ce studio, il en rêvait depuis des mois et des mois; il l’aménage avec sa compagne Yonola Viguerie. L’ouverture officielle a eu lieu en novembre 2011, à travers – et malgré – les inondations.
Ce rendez-vous, nous l’avions pris en 2008 à Perpignan, à Visa pour l’image; mais ma rencontre avec ses photographies remontent à bien plus loin dans le temps… C’était en 1999, encore à Visa. Ses photographies m’avaient totalement chamboulée tellement elles étaient différentes des autres. N’en déplaise à monsieur Leroy, j’étais dubitative car plusieurs photos m’apparaissent assez répétitives; et sans les vignettes donnant quelques précisions sur la date et le lieu, eh! bien, j’avais cette impression de déjà vu. Avec les images de Philip c’était l’inverse. Et c’était un choc : il ne faisait pas dans la dentelle, comme on dit, et en plus, il ajoutait écriture et sang sur ses photos de conflits – conflits plus ou moins connus, en tout cas pour moi.
Mais c’est à Niort en 2007, où j’ai pris un long moment pour visiter son exposition, que vraiment j’ai eu le goût de faire la rencontre de ce photographe et d’échanger avec lui. Les présentions de ses photographies étaient mises en situation, en contexte (je n’ose dire mises en scène) afin de favoriser une certaine lecture. Un jeune homme à l’accueil, voyant que je prenais un grand intérêt à cette exposition, me parla longuement de Philip et de tout le travail qu’avait demandé cette présentation inusitée.
C’est ce même jeune homme qui, à la fin de la journée, m’a fourni les infos pour joindre Philip. Le contact a été immédiatement chaleureux, ouvert et un brin pince-sans-rire (son origine british, sans doute); et depuis plus de vingt ans, ses yeux et sa caméra sont rivés sur l’Asie…



