En attendant l’équipe, nous commençons les repérages des 16 lieux d’exposition!… On ira à l’espace Chic, où expose Sarah Caron.
Je termine son livre Le Pakistan à vif (témoignage d’une photo-reporter), impressionnant récit… J’ai eu la chance de rencontrer Sarah alors qu’elle passait par Montréal. Et finalement, elle a même fait route avec nous vers le Saguenay! Sarah s’avère une rencontre incontournable.
Mais avant, à la Pulperie, nous allons écouter Ron Haviv de VII, une agence américaine fondée il y a 10 ans et dont Ron est un des membres fondateurs. Il accompagne cette conférence d’une projection de ses photographies. Ron a passé un an à couvrir le conflit dans les Balkans et ses images font remonter des émotions en moi. Il nous fait voir aussi des photos de l’Afghanistan et du Darfour, et celles, plus récentes, de la Lybie. Ses propos sont lucides et incisifs sur cet espoir qu’il avait, au début, de pouvoir, avec ses photos, faire une différence… Mais les Balkans lui ont laissé un goût amer; il nous rappelle qu’à la fin de la Deuxième Guerre, tout le monde disait : «si on avait su…» qui a donné naissance au fameux «jamais plus»… «Pourtant, ajoute Ron, j’ai couvert trois génocides depuis… alors qu’on savait!» Alors oui, en effet, comment poursuivre? Et pourquoi? Ce serait bien d’enregistrer ses réponses pour Rapporteurs d’images; malheureusement, il repart demain, au moment où l’équipe arrive.
Nous poursuivons notre repérage avec l’installation à la Zone portuaire, où Stephen Mayes, lui aussi de VII, est en train de monter l’exposition qui sera inaugurée dans quelques heures.
Ça travaille fort et déjà, Olivier Laban-Mattei – trois fois lauréat du World Press Photo – présente ses photos de la Libye à un petit groupe d’étudiants et de spectateurs captivés par ce qu’il raconte. Un photographe de Québec Renaud Philippe, le croque au passage…
Renaud, lui, expose «Les oubliés de la crise libyenne» au 2e étage de la librairie Les Bouquinistes.
Vraiment, tous ces jeunes gens passionnés de leur métier et qui exposent ici, c’est pur enchantement que de pouvoir parler avec eux et de voir leurs photographies de ce que j’appelle les remous du monde. Leur travail est d’une grande qualité et témoigne d’une étonnante maturité.
Poursuivant nos repérages, on se rend au Cegep de Jonquière voir l’exposition d’Antrophographia, issue d’un projet mis sur pied et dirigé par Mathieu Rytz, anthropologue visuel. (Le photojournaliste Reza et le journaliste François Bugingo siègent aussi au conseil.) François Pesant, dont on peut voir des photos dans Le Devoir, lui, remporté le prix Antoine-Desilets 2010. On croise souvent tout ce beau monde au chouette café Cambio de la rue Racine.
Il ne nous reste, mon assistant (!) et moi, qu’à préparer le programme de tournage des deux prochains jours… J’ai comme l’impression qu’on ne chômera pas!
Germain observe l’oeuvre d’un ami, Yves Tremblay, devant le Centre des arts et de la culture de Chicoutimi. Là sont exposées les photographies de Valérian Mazataud, gagnant de l’édition 2011 du concours l’Homme et l’Environnement proposé par le Groupe Photo Média International pour son reportage Palestine, la guerre des olives.
Germain, en préparation du terrain, discute de la permission de tournage à la Pulperie avec Jacques Fortin, aussi le président de Zoom. Nous pourrions tourner toute la semaine à Zoom, mais devons faire des choix parfois déchirants.
Demain l’équipe sera là et deux jours, ça passe vite… très vite.
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