Retour à Paris. Stanley Greene nous a donné rendez-vous à l’atelier Fenêtre sur cour.
Stanley fréquente ce lieu lorsqu’il est à Paris, car «Nathalie Lopparelli est la meilleure» nous confie-t-il. Oui, les tireurs d’images argentiques se font rares… Mais on interrompra un instant le travail de Nathalie qui connaît – et pratique – encore ce métier de l’ombre…
Nicole a fait parvenir d’autres photographies du tournage à la production, qui se retrouvent sur la page Facebook de InformAction. Mais là, laissez-moi parler un peu de Stanley Greene…
J’ai rencontré Stanley il y a près de 10 ans, en 2002, à l’agence Vu à Paris, alors que je terminais le tournage de mon documentaire Les messagers. Je devais choisir des photos de Tchécthénie pour le film et j’avais été «foudroyée» par celles de Stanley. Patricia Morvan, la responsable des projets culturels, des expositions et éditions de l’agence, m’avait proposé de regarder des tonnes de tirages. Donc, munie de mes gants blancs, je regardais photographie après photographie de Stanley, ne sachant pas quoi choisir comme image de cette guerre, de cette vision apocalyptique du monde. En voyant ces images, je tremblais même pour Stanley qui, je le savais, avait dû se retrouver plus d’une fois dans la mire d’un sniper ou tout près d’une mine… Puis, Patricia m’a demandé si j’avais fait mon choix… Difficile… toutes ses photos sont tellement fortes. En fait, elle venait m’annoncer que l’auteur des photos passerait dans quelques minutes à l’agence; je pourrais donc le rencontrer.
Quelle surprise de voir ce grand garçon noir qui avait l’air de sortir d’un club de jazz, joueur de trompette ou de saxo plutôt que ce gars qui parcourt le Caucase… Le voilà, avec sa voix douce et son accent newyorkais, un sourire magnifique et les mains bardées de bagues qui retiennent l’attention… Il m’a alors montré la maquette de son prochain livre Open Wound, Chechnya 1994 –2003… En voyant ses choix pour son bouquin, j’ai été rassurée sur les miens.
En 2008, c’est un Stanley malade que je retrouve à Perpignan… Maintenant à l’agence NOOR, il présente un travail assez «décoiffant» : La route de la soie – Along the Silk Road: Road to Ruin.
À Visa pour l’image, chaque matin on propose des rencontres avec le public, pendant lesquelles les photographes prennent la parole; et je revois Stanley, malgré son air épuisé, en train de s’indigner, d’une indignation qui ne semble pas le lâcher… Parlant d’indignation, je viens de trouver quelques numéros de Polka Magazine et une entrevue de Jean Calvé sur Stanley… Tout cela confirme mon impression…
Je dois une fière chandelle à Patricia Morvan pour avoir eu la gentillesse de me présenter Stanley. Je lui suis aussi reconnaissante de prendre le temps, à chacun de mes passages à Paris, de casser une croûte avec moi dans un café près de l’agence. Puis, connaissant mon intérêt pour la photographie, elle me présente un photographe de passage, me prête un livre, m’indique une expo, un évènement… Merci mon amie Patricia.



