Cette dernière semaine, j’ai eu deux rendez-vous important dans la même journée; le premier avec Nahalie Barton, productrice d’InformAction (qui a célébré son 40e anniversaire cet hiver). C’est elle qui a produit, avec Ian Quenneville, Les Messagers. Et c’est avec elle que je me prépare à tourner, dans quelques semaines, un projet longtemps porté, Rapporteurs d’images, un film de long métrage documentaire, sur le sens et la portée de l’image.
«Les images peuvent-elles changer le monde? Sempiternelle question… surtout aujourd’hui alors que l’image est elle-même en mutation. C’est un bon moment pour faire des bilans, tirer le portrait de la situation actuelle et chercher dans le viseur, en le pointant vers l’avenir. En photo argentique, on utilise le mot révélateur… Révéler, oui ! Et comment révéler? A l’instar des rapporteurs que j’ai choisis, je dois moi aussi révéler et faire émerger les images de ce documentaire. Dans cet océan d’images, j’ai cherché celles qui forcent le regard, nous donnent a voir autrement et, peut‐être, nous aident à mieux comprendre les remous du monde.» (H. D.)
C’a été un joli moment a échanger sur une terrasse d’une pâtisserie, près du Palais Farnese; à discuter sans la pression du bureau et des milles choses à accomplir dans la journée. Car Nathalie, en plus de la production, se dévoue dans tout ce qu’il y a d’associations pour la survie du documentaire. Mais là, elle débute ses vacances et nous échangeons sur l’Italie, sur le projet à venir, sur ma démarche, mes rencontres… nos coups de cœurs… moment précieux.
Germain me rejoint et après, comme s’il y avait une suite logique, nous nous dirigeons vers le rendez-vous que nous avait fixé la chère Cecilia Mangini pour la cena.
Nous faisons un tour rapide au MAXXI (Musée d’art du XXIe siècle) et un bout du trajet à pied, Germain et moi, pour découvrir ce pont et, oh, surprise! les cadenas, les mêmes que sur le Ponte Vecchio de Florence, symboles et promesse de fidélité des couples… que de gens des font des promesses…
Quelques débrouillards trouvent même le moyen de vendre des cadenas sur le pont… Futé.
Comment raconter ce dernier repas pris avec Cecilia Mangini qui s’avérera, comme à chaque rencontre, un moment mémorable. On fait un repas formidable dans une vieille trattoria romaine, dans un coin de la ville que nous n’aurions pas eu l’idée de visiter. Échanges riches et vivifiants, repas succulent sous la tonnelle… Comment s’arracher à cette dernière conversation? On souhaiterait qu’elle n’ait plus de fin… mais bon : ciao! a presto! On ne veut pas penser que ce sont des adieux… Il y aura une suite. Promis, Cecilia.
Je souhaite faire connaître cette remarquable dame de cette Italie que j’aime.
Quitter l’Italie, ce n’est pas juste quitter des villes magnifiques; c’est aussi quitter ses habitants qu’on a découverts, qui sont maintenant liés à notre vie et que, par la magie du film, on espère revoir, retrouver encore et encore, à qui on dit «Ciao!» et «A presto!»
Souvent, comme dans le cas des Messagers ou des Rapporteurs, ces gens rencontrés m’aident, dans la difficulté de la production, à persévérer; je me dis que j’ai eu le privilège d’entrer en contact avec des gens remarquables et ce sont eux, ce sont elles qui me permettent de poursuivre, de ne pas laisser tomber certains projets. Je me dis que je ne peux pas ne pas partager ces rencontres formidables avec des gens qui portent la lumière.
Aurais-je dû, moi aussi, acquérir un de ces cadenas. Et faire la promesse à l’Italie, à Pasolini et ses amis, à Cecilia, à Luciana, à Roberto, à… que je reviendrai?…







