J’ai rendez-vous à Florence avec Silvia Lucetti du Festival dell’arte. Nous avions fait connaissance à cause de ce cher Alfredo Jaar. En 2009, je revenais de Milan où j’avais vu sa très grande et belle rétrospective; la conservatrice avait mentionné ma recherche à Silvia qui devait ensuite passer à Montréal au FIFA. Nous nous étions rencontrées et nous avions échangé longuement. Silvia me fait visiter le magnifique cinéma Odéon qui date des années 1930 et bien sûr, comme si je commençais à boucle la boucle de mon séjour romain (qui s’achève hélas!), nous parlons d’Alfredo et de Pasolini. «Alfredo a présenté son travail sur Pasolini ici et tu sais, il y a un fonds Pasolini à Florence.» me confie Silvia.
Le lendemain, j’ai rendez-vous avec Paola Paoli et Maria Teresa d’Arcangelo du Laboratorio Immagine Donna; et là aussi j’ai l’impression de boucler la boucle… Eh, oui! nous nous sommes croisées au festival de Créteil, par l’intermédiaire de cette chère Jackie qui continue de m’envoyer des missives et des encouragements…
C’est l’histoire des débuts de Vidéo Femmes qui les interpellent, mais mon projet autour de Pasolini les intrigue aussi. Je leur parle de nos débuts et tout de suite, j’ai en tête Le Monologue de Luce. Curieux hasard : je viens de recevoir une note du conservateur de la Cinémathèque québécoise, Fabrice Montal, qui me dit qu’il rediffusera ce document en juin. Il s’agit en fait d’une vidéo témoin brute et sans montage (que Fabrice avait présenté lors de ma rétrospective) : l’enregistrement du monologue de l’actrice de La Nef des Sorcières dit par la comédienne Luce Guilbault dans une loge… Ce moment a sans doute changé ma vie et j’ai été extrêmement émue lors de la présentation dans ma rétrospective. Ce texte bouleversant et Luce elle-même me font découvrir ce que veut dire «crever l’écran» par sa présence… celle d’une grande dame de notre cinéma.
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Je me ballade dans Florence avec l’écho de ces rencontres avec ces femmes avec qui le courant passe rapidement… Et Pasolini, et Luce, et Alfredo, et mes chères complices de mes premiers balbutiements cinématographiques, Nicole et Hélène m’accompagnent…
Dans ce décor de cartes postales, comment ne pas jouer à la touriste pour une fois?…
Les incontournables : la Piazza del Duomo et le Ponte Vecchio
Mais je tombe, en chemin, sur ce chapelets de cadenas… ??? Je ne suis pas la seule à être intriguée…
Je trouve l’explication sur Wikipedia : «En Italie, le cadenas est devenu un symbole d’amour. Les couples accrochent un cadenas d’amour sur des lieux réputés comme sur le Ponte Vecchio à Florence ou sur le Pont Milvius à Rome avant d’en jeter la clé. Le cadenas symbolise alors leur amour. Cette tradition, inspirée du roman Ho voglia di te de Federico Moccia, s’est rapidement répandue à travers le pays, au point de mettre en péril certains monuments historiques par le poids résultant de l’accumulation des cadenas. Le mouvement romantique «Cadenas d’amour» («love padlocks»en anglais) fait aussi maintenant rapidement fureur à Bruxelles, PlaceEugène-Flagey, près de l’étang, à Ixelles) ainsi qu’à Paris sur le Pont de l’Archevêque et sur le Pont des Arts.»
Mais un de mes plaisirs de cette balade restent ces détails d’architecture et de sculptures…
Et ce qui me plaît moins – et qui malheureusement contamine le paysage – toutes ces marchandises pour touristes.
Dans le taxi qui me ramène de mon B&B à la gare, le chauffeur ressemble à s’y méprendre à …Pier Paolo Pasolini! Je dois halluciner! Ce n’est que lorsqu’il se retourne pour me donner la «ricevuta» que je réalise qu’il a tout de Pasolini sauf un petit quelque chose… mais avec un éclairage adéquat, on y croirait… Zut de zut! Ce n’est que dans le train que je réalise je n’ai pas osé lui demander de faire une photo et de prendre son nom en note…








