Le «ferobedon»…?

Je demande à Luciana si elle sait ce qu’est le Ferobedon. C’est en effet le titre du premier chapitre de Ragazzi di Vita, mais je n’arrive pas à situer cet endroit. Elle nous conduit jusqu’à Silvio Parello, un homme que nous avions remarqué justement à la remise des Premio Pasolini et retrouvé dans le livre de Luciana, Pasolini a Monteverde. Benedetta, de la librairie Museo del Louvre, nous en avait aussi déjà parlé. C’est lui qui a récité un long poème lors de l’événement du 5 mars; je me rappelle encore avec quelle dignité et quelle sobriété il a récité ce poème de Pasolini, «Ali aux yeux d’azur»… «Il est incontournable, me dit Luciana, puisqu’il est un ragazzo…»  dans le roman il est  le petit Pecetto. Lui nous dira où se trouve le Ferobedon.

Atelier Silvio Parello © Helen doyle

Silvio, poète et peintre, a consacré sa vie à collectionner photos et articles sur Pasolini, dont il a bien le souvenir. «Il connaissait des gens importants, comme la Callas, mais il continuait à venir nous voir; ils ne faisait pas de différence entre ces célébrités et nous», nous confie Silvio…

Luciana et Silvio © Helen Doyle

Demain, Silvio sera occupé : un cinéaste fait un film sur lui… mais nous savons maintenant où est le Ferobedon… En fait, je passe régulièrement près de là pour prendre l’autobus : c’est juste au pied de cet escalier qui mène à la via Donna Olimpia… tout près de l’école Giorgino Franceschi, dont l’effondrement avait fait la manchette à l’époque. Pasolini s’est inspiré de ce fait divers; un jour, son personnage principal, Le Frisé, revient d’une escapade et retrouve sa famille venue habiter ce bâtiment. Mais avant sa famille, il y a  eu successivement les Allemands, puis les Canadiens…

Silvio est intarissable et raconte et raconte… Malheureusement nous sommes dans une situation de repérage et dans des conditions techniques bancales; nous tentons de faire une prise de son correcte, mais le vent et le bruit de la rue sont des obstacles… En tout cas, le contact est fait et je retournerai voir Silvio, qui s’est mis à me raconter les baignades avec d’autres ragazzi dans le trou, près du pont… une mare de boue; et puis cet autre jour, sa baignade avec Pasolini dans un «creux» du Trastevere…

J’ai l’impression de revoir le très beau film de Mangini La Canta delle Marane Je dois identifier ces lieux et revoir cette chère Cécilia…

 

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About tatoumemo

Scénariste et réalisatrice de films documentaires, Helen Doyle vit au Québec, mais ses sujets l'amènent en divers lieux du monde. Avec son complice Germain Bonneau - qui collabore d'ailleurs à ce blog - elle produit certains de ses films à travers les Productions Tatouages de la mémoire A l’hiver 2011, Helen Doyle recoit, du CALQ, la bourse de résidence d’artiste à Rome, où elle travaille sur son projet : Appunti sur Pasolini, poète civil. En novembre 2012, elle termine, après un an de travail intense, son film "Dans un océan d'images, j'ai vu les tumultes du monde", qui s'est mérité troix prix Gémeaux et une Étoile* de la SCAM. Un coffret réunissant plusieurs de ses œuvres accompagné d'une monographie sur son travail, édité par Vidéo femmes/Spira et les Éditions du Remue-ménage, est maintenant disponible sous le titre "Helen Doyle, cinéaste : La liberté de voir". En 2018, Helen reçoit le prix "Barbara H. Greene" reconnaissant une documentariste émérite. Helen travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire intitulé "Au lendemain de l'odyssée", qu'elle produit et réalise, avec l'appui de la SODEC, de Téléfilm Canada et des conseils des arts du Québec et du Canada.
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