la rencontre de Luciana en mars

Monteverde Vecchio © Helen Doyle

Dans son premier roman – Ragazzi de Vita, Pasolini consacre plusieurs chapitres de son roman aux rues avoisinantes de celle où il habitait à Monteverde : Donna Olimpia, Ozanam, Fonteiana, Quattro Venti, le pont Bianco et les environs de la gare de Trastevere.

Printemps via Ozanam © Helen Doyle

Monteverde se divise en deux. Le Monterverde Vecchio date du XIX siècle bourgeois, riche même, avec ses villas et ses parcs somptueux, comme celui de Doria Pamphilj. Alors que le Monteverde Nuovo, celui des prolétaires, a été bâti dans les années 1950-60 de ce que Pasolini appelle des grattacielo, des gratte-ciel… ce qui paraît tout à fait curieux  pour une Nord-Américaine comme moi : un gratte-ciel, c’est 50, 100 étages! Ici, ils en font 6, 8 au plus…
Monteverde, c’est un peu comme Québec avec sa haute-ville et sa basse-ville. Pasolini a habité ces deux espaces monteverdiens; mais que ce soit dans le Monteverde Nuovo ou Vecchio, ce n’était rien de majestueux comme habitations… même qu’elles ne seraient pas très cinématographique, surtout lorsqu’on arpente la partie très riche (qu’on pourrait comparer à une sorte de Wesmount à Montréal ou de Grande-Allée à Québec). Quant à moi, je demeure entre les deux, comme un trait d’union .

Trait d'union © Helen Doyle

J’ai omis de raconter cette rencontre presque magique qui s’est produite au mois de mars, lors du passage de Germain, mon indéfectible compagnon et collaborateur. Je lui faisais partager mes découvertes, en particulier celle de mon quartier, que j’explore de fond en comble… Nous nous sommes donc rendus, Germain et moi, devant l’appartement que Pasolini habitait, au 45 via Giacinto Carini, où je voulais enregistrer quelques images.

Via Carini 45 © Germain Bonneau

Luciana et sa maman, via Carini © Helen Doyle

Une dame sort tout à coup de l’immeuble et voyant la caméra, elle nous demande ce que nous faisons. Je lui montre la plaque commémorative au dessus de la porte. Elle parle un peu français; alors on essaie de se comprendre en baragouinant, elle le français, moi l’italien. Elle est enchantée et nous demande de l’attendre. Elle retourne dans l’immeuble pour en ressortir quelques minute plus tard, tenant fièrement dans ses mains un petit livre : Pier Paolo Pasolini a Monteverde[1].

Luciana Capitolo est professeur de lycée. Avec deux collègues et des étudiants, et grâce à l’aide de la municipalité Roma XVI, elles ont pu produire ce livre, modeste mais précieux et bien fait. Luciana nous demande si nous aimerions visiter l’appartement de Pasolini, aujourd’hui transformé en bureau de dentiste… pas vraiment intéressant. Tout d’un coup, nous reconnaissons en elle l’une des lauréates des Premio Pasolini. On se laisse nos adresses. Revenue à la maison, je me plonge dans le livre… et dans ma tête, quelque chose se met alors à germer (évidemment!)

la cadeau de Luciana

Ce livre est une vraie mine d’or, avec des photos de Pasolini et des extraits de textes qui parlent de Monteverde. Pasolini, dans ses documentaires, s’imprègnent des lieux et ces lieux, si précieux dans sa quête, s’avèrent être le fil conducteur de mon film…

Cette chère Luciana m’a remis l’avant-dernier exemplaire qu’elle possédait.


[1] Pier Paolo Pasolini a Monteverde, a cura di Luciana Capitolo, Maria Paola Saci, Maristella Sofri

5 mars, Teatro Vascell0 @ Helen Doyle

Eh, oui! Cette dame, Luciana, est l’une des lauréates de la manifestation du 5 mars Le Premio Pasolini (les Prix Pasolini).  Voir blogue du 16 mars…
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About tatoumemo

Scénariste et réalisatrice de films documentaires, Helen Doyle vit au Québec, mais ses sujets l'amènent en divers lieux du monde. Avec son complice Germain Bonneau - qui collabore d'ailleurs à ce blog - elle produit certains de ses films à travers les Productions Tatouages de la mémoire A l’hiver 2011, Helen Doyle recoit, du CALQ, la bourse de résidence d’artiste à Rome, où elle travaille sur son projet : Appunti sur Pasolini, poète civil. En novembre 2012, elle termine, après un an de travail intense, son film "Dans un océan d'images, j'ai vu les tumultes du monde", qui s'est mérité troix prix Gémeaux et une Étoile* de la SCAM. Un coffret réunissant plusieurs de ses œuvres accompagné d'une monographie sur son travail, édité par Vidéo femmes/Spira et les Éditions du Remue-ménage, est maintenant disponible sous le titre "Helen Doyle, cinéaste : La liberté de voir". En 2018, Helen reçoit le prix "Barbara H. Greene" reconnaissant une documentariste émérite. Helen travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire intitulé "Au lendemain de l'odyssée", qu'elle produit et réalise, avec l'appui de la SODEC, de Téléfilm Canada et des conseils des arts du Québec et du Canada.
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