Dans son premier roman – Ragazzi de Vita, Pasolini consacre plusieurs chapitres de son roman aux rues avoisinantes de celle où il habitait à Monteverde : Donna Olimpia, Ozanam, Fonteiana, Quattro Venti, le pont Bianco et les environs de la gare de Trastevere.
Monteverde se divise en deux. Le Monterverde Vecchio date du XIX siècle bourgeois, riche même, avec ses villas et ses parcs somptueux, comme celui de Doria Pamphilj. Alors que le Monteverde Nuovo, celui des prolétaires, a été bâti dans les années 1950-60 de ce que Pasolini appelle des grattacielo, des gratte-ciel… ce qui paraît tout à fait curieux pour une Nord-Américaine comme moi : un gratte-ciel, c’est 50, 100 étages! Ici, ils en font 6, 8 au plus…
Monteverde, c’est un peu comme Québec avec sa haute-ville et sa basse-ville. Pasolini a habité ces deux espaces monteverdiens; mais que ce soit dans le Monteverde Nuovo ou Vecchio, ce n’était rien de majestueux comme habitations… même qu’elles ne seraient pas très cinématographique, surtout lorsqu’on arpente la partie très riche (qu’on pourrait comparer à une sorte de Wesmount à Montréal ou de Grande-Allée à Québec). Quant à moi, je demeure entre les deux, comme un trait d’union .
J’ai omis de raconter cette rencontre presque magique qui s’est produite au mois de mars, lors du passage de Germain, mon indéfectible compagnon et collaborateur. Je lui faisais partager mes découvertes, en particulier celle de mon quartier, que j’explore de fond en comble… Nous nous sommes donc rendus, Germain et moi, devant l’appartement que Pasolini habitait, au 45 via Giacinto Carini, où je voulais enregistrer quelques images.
Une dame sort tout à coup de l’immeuble et voyant la caméra, elle nous demande ce que nous faisons. Je lui montre la plaque commémorative au dessus de la porte. Elle parle un peu français; alors on essaie de se comprendre en baragouinant, elle le français, moi l’italien. Elle est enchantée et nous demande de l’attendre. Elle retourne dans l’immeuble pour en ressortir quelques minute plus tard, tenant fièrement dans ses mains un petit livre : Pier Paolo Pasolini a Monteverde[1].
Ce livre est une vraie mine d’or, avec des photos de Pasolini et des extraits de textes qui parlent de Monteverde. Pasolini, dans ses documentaires, s’imprègnent des lieux et ces lieux, si précieux dans sa quête, s’avèrent être le fil conducteur de mon film…
Cette chère Luciana m’a remis l’avant-dernier exemplaire qu’elle possédait.
[1] Pier Paolo Pasolini a Monteverde, a cura di Luciana Capitolo, Maria Paola Saci, Maristella Sofri
5 mars, Teatro Vascell0 @ Helen Doyle





