Luciana Capitolo a répondu avec énormément de gentillesse à ma demande de la revoir. Dans son nom, il y a le mot luce qui signifie lumière. Lucienne devient donc notre «éclaireuse», ce nom trouvé par Isabelle, qui prend le relais de Germain, est tout à fait juste .
Luciana nous parle avec passion du livre de poésie de Pasolini Les cendres de Gramsci, écrit alors qu’il vivait sur via Carini. Elle veut nous faire découvrir le poème Les pleurs de l’excavatrice, dans lequel il y a des passages sur Monterverde. Elle sort un livre complètement annoté; elle est très émouvante, Luciana, en nous lisant des extraits et nous en expliquant, en bonne pédagogue, des passages. Elle met en contexte avec tant de ferveur et d’émotions… C’est une amoureuse de poésie, des mots, mais aussi du sens. Plus tard, en cherchant sur Internet une version française de ce poème, j’ai trouvé, sur Youtube, une vidéo de création (1).
Luciana nous entraîne jusqu’au Cimetière des Protestants (ou plutôt le Cimetière des non catholiques – Campo Cestio, l’antico cimitero per stranieri non cattolici) dans le Testacio; elle nous mène à la tombe de Gramsci, écrivain et théoricien politique que nous connaissons à peine chez-nous, mais qui a marqué profondément Pasolini. Dans cet endroit si paisible au coeur de Rome, aussi surnommé le cimetière des Artistes et des Poètes, on trouve la tombe de John Keats et de Shelley.
Après notre visite, Luciana m’écrira : «Il fascismo ha ucciso Gramsci “per impedire a quel cervello di pensare”. Il nuovo fascismo ha ucciso Pasolini per le stesse motivazioni.» De tout cela on discutera, sans doute, Luciana…
(1) «Les pleurs de l’excavatrice» sur Youtube de Grabriel Scotti et Carlo Brant… En trois volets
Le premier : http://www.youtube.com/watch?v=NjhX0KHxRjc
Le deuxième : http://www.youtube.com/watch?v=wlD1JkH8g0Y&feature=related
Le troisième : http://www.youtube.com/watch?v=6TZDKf0rbKc&NR=1
Je me rappelle tout à coup avoir lu, dans la bio-filmographie de Cecilia Mangini, que son mari aussi cinéaste, Lino Del Fra, a consacré un film à Gramsci. Décidément, avec Pasolini, les choses sont toujours intimement liés.
À propos de Mangini et de Lino del Fra, j’ai trouvé cet article superbe …


