De la belle visite…

Isabelle de Blois m’avait déjà accompagnée jusqu’en Géorgie pour le tournage de Birlyant… La voilà qui me rejoint à Rome pour quelques semaines…

Au coin d’une rue, nous ne pouvons qu’être attendries en voyant un accordéoniste; on se rappelle cette aventure à Tbilissi, avec notre guide Irma, à la rencontre de l’artisan qui avait fabriqué un nouvel accordéon pour Birlyant. On se souvient qu’à Montréal, elle s’était fait voler son précieux instrument, son «confident», son ami, comme elle le chantait…

romanaccordéoniste © Helen Doyle

Isabelle et moi nous amusons du fait que toutes les deux nous avons, pour faire les repérages, le même appareil photo. Plus amusant encore : en synchronicité, nous dirigeons notre objectif au même moment vers le même sujet. Pas besoin de longs discours lors des tournages; nous avons cette certitude d’être sur la même longueur d’onde, au même diapason (si on peut parler de diapason en parlant d’image).

Je lui fais lire les Nouvelles et chroniques romaines de Pasolini et ça semble lui plaire. Je lui parle de mon projet, de mes défis.

Après plusieurs semaines de recherches et de réflexions – et bien que mon fidèle compagnon et collaborateur Germain  soit venu faire un  premier bilan avec moi; bien que Jackie Buet soit toujours attentive et me fasse parvenir régulièrement des pistes; bien que j’aie des échanges avec Malika (qui a allumée la bougie si je puis dire); je sentais la nécessité d’explorer, avec la caméra, certaines avenues. Isabelle a accepté de venir me prêter main forte pour capter quelques moments de cette recherche et de ce repérage sur Pier Paolo Pasolini. Ce n’est pas facile de tout  faire, la caméra, le son, expérimenter, pousser la réflexion… En plus, comme tout se passe en italien et que le mien est catastrophique, toutes ces interventions deviennent plus complexes. Et puis on n’a plus vingt ans!…

Tous ces apports de collaborateurs sont tellement précieux. On tente de nous faire croire, pour des raisons économiques, que ce n’est pas nécessaire d’avoir des collaborateurs; moi je dis que c’est une richesse. Ça permet le petit pas de côté; ça permet de faire un zoom-out sur un projet dans lequel je suis plongée depuis des semaines.

Donc je suis un peu dans le bilan et j’éprouve le besoin de l’expérimentation de l’appunti. Appunti italien, appunti pour un projet à faire sur Pasolini, poète civil, incivile

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About tatoumemo

Scénariste et réalisatrice de films documentaires, Helen Doyle vit au Québec, mais ses sujets l'amènent en divers lieux du monde. Avec son complice Germain Bonneau - qui collabore d'ailleurs à ce blog - elle produit certains de ses films à travers les Productions Tatouages de la mémoire A l’hiver 2011, Helen Doyle recoit, du CALQ, la bourse de résidence d’artiste à Rome, où elle travaille sur son projet : Appunti sur Pasolini, poète civil. En novembre 2012, elle termine, après un an de travail intense, son film "Dans un océan d'images, j'ai vu les tumultes du monde", qui s'est mérité troix prix Gémeaux et une Étoile* de la SCAM. Un coffret réunissant plusieurs de ses œuvres accompagné d'une monographie sur son travail, édité par Vidéo femmes/Spira et les Éditions du Remue-ménage, est maintenant disponible sous le titre "Helen Doyle, cinéaste : La liberté de voir". En 2018, Helen reçoit le prix "Barbara H. Greene" reconnaissant une documentariste émérite. Helen travaille actuellement sur un projet de long métrage documentaire intitulé "Au lendemain de l'odyssée", qu'elle produit et réalise, avec l'appui de la SODEC, de Téléfilm Canada et des conseils des arts du Québec et du Canada.
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