Ce sont les masques de Danielle-Marie qui m’ont séduite en premier; et qui m’ont conduite jusqu’en Bourgogne. Danielle-Marie m’a fait découvrir la Fosse d’Yonne – l’ancien lavoir de la ville de Tonnerre. Elle m’a bercée de contes et de légendes de la région. Un désir de collaboration est né; je voulais m’inspirer de ce lavoir gigantesque. Puis, j’ai voulu aussi répertorier d’autres lavoirs, en connaître plus sur les rituels qui entouraient cette pratique de la grande lessive.
J’espérais donc, en m’inspirant des lavandières, de leurs rituels et des masques fantasmagoriques de Danielle-Marie, écrire un scénario. Pendant des semaines, nous avons quadrillé la région et découvert des lavoirs abandonnés, en mauvais état mais souvent inspirants…
Je me suis rendue compte de la fascination qu’avait exercé sur moi le film La belle et la bête de Jean Cocteau.
Je voulais créer un film «aquatique»; après avoir réalisé Le rêve de voler, un ballet aérien, l’eau me semblait l’élément parfait pour cette nouvelle aventure… de La Fiancée de Tonnerre.
Malheureusement, malgré tout le travail et la passion que nous y avons mis, ce projet
n’a jamais vu le jour.
Mais alors qu’elle préparait son exposition récente, Danielle-Marie m’a reparlé de mes photos de repérage prises, il y a longtemps maintenant, afin d’illustrer mon scénario. Je me suis donc rendue au Centre Vu, à Québec, et avec Vincent Roy, nous avons fait des tests d’impression sur des tissus. Je tenais en effet à garder cette idée que les lavandières imprimaient sur leurs draps les images de ces êtres qui erraient dans les eaux troubles de leur lavoir…
Nous avons imprimé trois photos de la dimension d’un drap de lit et Danielle-Marie, poursuivant mon idée, les a suspendues à des cordes à linge dans son exposition. Je suis très touchée et fière qu’elle ait intégré notre travail à son exposition.
Ça me donne même le goût, non pas de me battre pour faire un film, mais de déployer ce qu’il faut de moyens pour réaliser une installation à partir de cette… recherche.




