Durant sa visite au Québec en août 2010, Malika découvre nos paysages et enregistre quelques entretiens. Elle souhaite réaliser, à son retour à Naples, des «portraits sonores de Québecois». Nous lui suggérons quelques pistes musicales.
À mon arrivée à Rome en janvier 2011, Malika me parle d’un événement possible en avril à Naples, un événement autour du cinéma principalement. Je reçois donc une invitation pour le 14 avril : une classe de maître!… Je pourrais aussi, en prime, présenter un documentaire de mon choix, qui donnerait une idée, à des étudiants en français, de notre langue, de notre «parlure», de nos paysages et de nos saisons; une sorte de complément à ses portraits sonores. Dans ces cas là, bien des idées nous passent par la tête et certaines, pour des raisons complexes, se perdent en chemin. Un film s’impose, pourtant: Cabines,
de Johanne Fournier…
«Un voyage hors saison sur la route 132 et quelques-uns de ses affluents, dans des lieux d’une autre époque pas encore hors du temps. Elles s’appellent Bel Azur ou Riviera, Étoile d’Or ou Goëmons-sur-Mer. Nées dans les années ’30, les cabines ont vu disparaître les quais dans les villages et assistent maintenant à la multiplication des parcs d’éoliennes. Enracinées, elles gardent leurs propriétaires en otage ou leur sauvent la vie. Elles ont combien d’étoiles? Des milliards. Dans le ciel.»
«C’est avec un mélange de fascination et de tendresse que la cinéaste observe les cabines qui longe la route 132, ces châteaux de trois mètres carrés, indissociable de la beauté paisible de la Gaspésie.» André Lavoie, Le Devoir
Moi je suis certaine que Les Cabines peuvent marquer la rencontre de notre majestueux Saint-Laurent et l’enchanteresse baie de Naples…
Université l’Orientale di Napoli / Institut Français de Naples. Semaine consacrée à la découverte du Québec à travers la variété et la vitalité de sa création audiovisuelle (film d’animation, documentaire, fiction et reportage radiophonique). La manifestation s’adresse aux étudiants de l’Orientale (de français, cinéma, géographie), aux lycéens et au public de l’Institut français.
Le 14 avril à 10 heure du matin, je me retrouve au Pallazzo Du Mesnil de l’Universita di Naploli l’Orientale; je présente les Cabines de Johanne et dès les premières images, j’entends qu’on chuchote… On veut venir au Québec louer une de ces cabines… malgré le fait qu’on voit les cabines englouties sous la neige. On est charmé, on découvre que les Québécois ont même pensé à des cabines pour les oiseaux… Une des spectatrices nous révèle que près de Naples, il y a des cabines comme ça, oh! plus modestes; elle a même le souvenir des photographies de sa mère et d’elle sur la plage avec les cabines…
Je me rappelle aussi avoir envoyé ce lien sur Les cabanes d’Agnès Varda. «Ce site pour toi, un clin d’oeil… de Varda?» avais-je écrit à Johanne.
Oui, un clin d’oeil à Johanne, qui sait bien que Varda est mon mentor; et je retrouve ce sens de la poésie chez l’une comme chez l’autre.
Immédiatement après ma classe de maître, je vais déposer ma valise à l’Institut français où je suis invitée. Et voilà qu’à l’entrée de ce somptueux édifice, je découvre les dessins de l’artiste Ernest Pignon-Ernest, un des personnages de mon documentaire Les Messagers dont je viens de présenter quelques extraits.
Les messagers… et tiens! j’ai oublié le travail d’Ernest sur les cabines, de toute autres cabines, celles-là : les cabines téléphoniques qui abritent les sans-abri, les sans logis…
Ernest a séjourné plusieurs fois ici, à Naples, et là encore, il a réalisé un travail indélébile.
Dans ma chambre à l’Institut, sur le mur, des photographies, dont celle-là d’un des dessins d’Ernest, celui où est dessinée… la tête de Pier Paolo Pasolini. (Sur le site d’Ernest, il faut aller sous Rimbaud et autres interventions.)
Au petit matin, je grimpe, grimpe et grimpe encore pour arriver enfin à San Martino.









Chère Helen,
Grand merci d’avoir choisi de présenter mes CABINES à l’occasion de ton passage à Napoli. J’aurais aimé être là, devant cette grande baie avec toi. J’aime beaucoup lire ton blogue, prendre part à tes recherches et découvertes, toujours impressionnée de ces croisements/tissages entre tes différents voyages et tes films. Bonne suite des choses et merci encore.
Johanne
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