Le 6 mars, lendemain de l’anniversaire de Pasolini, nous sommes à Bologne pour chercher, là encore, des repères de la vie de Pasolini, à l’aide des précieuses indications de Roberto Chiesi. Lieu de naissance modeste, à deux pas des lieux de tournage de la fin d’Oedipe Roi.
La Bologne de l’Italie faciste au moment de ses études en arts et en lettres. Très tôt, Pasolini publie ses poèmes en frioulan, la langue de sa mère et dialecte interdit par le régime.
«Bologne la rouge», autant par sa couleur que par sa politique.
Bologne la rouge, la couleur de sa brique et des lavis sur les murs autant que de sa politique communiste… Quand je pense que mes parents se faisaient dire par le curé que le ciel était bleu (la couleur du parti conservateur de Duplessis) et que l’enfer était rouge (couleur du parti libéral)! J’imagine le bon curé en train de trouver une analogie pour le communisme; qu’est-ce que ce qu’il aurait bien pu inventer???
Rouge, rose, orange de toutes ses voûtes… Bologne à dimension humaine, «bourgeoise sympathique», un peu trop suisse au goût de Pasolini, mais dont il appréciait les politiques de sauvegarde des monuments et des bâtiments de la ville. Voilà comment Pasolini percevait cette ville, me dit le signore Chiesi, qui prend encore de son temps pour répondre à toutes mes questions… Pourtant, rien n’indique qu’il est très occupé par la préparation, pour la mi-avril, un événement autour du film Les mille et une nuits.
Plus que la ville elle-même, ce qui marquera Pasolini, ce seront ses amitiés…





